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Critique de film

  • Punishment Park

    Punishment Park

    Les Etats-Unis sont secoué par des émeutes d'étudiants suite à leur engagement au Viêt Nam. Le président décrète alors l'état d'urgence nationale. Devant des tribunaux improvisés dans des tentes, les pacifistes, les objecteurs de conscience et autres militants qui appellent à la révolte contre l'état policier sont sommairement jugés. Pour purger leurs peines, ils ont le choix entre la prison pendant dix à vingt ans ou bien trois jour dans un Punishment Park. Dans ces nouveaux camps d'entraînement pour les forces de l'ordre, les détenus doivent atteindre le drapeau américain, qui se trouve à 80 kilomètres dans le désert, au bout de trois jours sans se faire arrêter. En théorie, la violence de leur arrestation sera déterminé par la puissance de leur résistance.

    Sortie : 31 octobre 1973
    Durée : 90 minutes
    Réalisateur : Peter Watkins
    Genre : Drame politique
    Interdit aux moins de 12 ans

    Critique de Tootpadu 4 ★

    Les insuffisances d'un système politique, voire d'un concept de civilisation, sont parfois plus facile à démontrer par la fiction que par le documentaire. La démarche de ce brûlot de l'Anglais Peter Watkins est en ce sens assez inédite, ou au moins peu conventionnelle. Il ne s'agit pas réellement d'un "documenteur", puisque le cinéaste ne prétend pas que ce qui se passe à l'écran est l'enregistrement de la réalité. En même temps, le style imite en partie la forme documentaire, à travers le dispositif des médias, des témoins passifs qui ne s'immiscent ni dans la chasse à l'homme, ni dans le déroulement grotesque du procès. D'ailleurs, c'est la dualité de ces deux théâtres d'opération qui place le film plutôt du côté de la fiction. Le montage inspiré, qui fait cruellement monter la spirale de la violence et qui arrange une issue révoltante en faisant se terminer le fil du procès là où celui de la chasse meurtrière a commencé, compte ainsi parmi les points forts de ce pamphlet sans modération.
    L'attitude de Watkins peut certes être considérée comme militante. Mais le constat qu'il dresse de la vie américaine au début des années 1970, en pleine guerre et secouée violemment par les émeutes post-'68, ne manque pas d'équilibre pour autant. Le film s'emploie en effet à changer constamment de point de vue, à ne pas laisser le fin mot de l'histoire à l'un ou à l'autre des opposants sur ce champ de bataille. La conclusion du film se suffit évidemment à elle-même, lorsque sur le générique de fin, l'arrestation d'un des acteurs pour des faits semblables à ceux du procès fictif est annoncée. Toutefois, l'accusation virulente qu'il lance contre l'oppression par un état policier, fondé sur des principes pas étrangers au fascisme, est quelque peu modéré par le reflet qu'il propose du côté autoritaire. L'étape préliminaire à la traque qui est censé rester un jeu cruel, mais qui se transforme en tuerie, présente en effet une force judiciaire profondément bien intentionnée. Le fait même que cette cour bancale, formée de bons citoyens d'horizons très divers, existe est un crachat à la face des droits de l'homme. Mais ce qu'elle démontre peut-être encore plus cruellement que la différence de valeurs - de droite et de gauche pour schématiser criminellement - est l'incapacité totale de communication. Cette impossibilité de s'entendre et de se comprendre sous-tend tout le film et elle est la raison pour quelques moments dramatiques. La rupture de la compréhension n'est alors plus qu'un indicateur de deux philosophies diamétralement opposées. L'autorité ne le juge pas nécessaire de réellement entendre des individus qui ne partagent pas son sacro-saint amour pour le pays qu'elle s'est construite. Et les militants s'enferment dans des discours haineux parce qu'ils savent à quel point les valeurs de cette société sont pourries.
    Le rapport que ce film charnier et excellent entretient avec son époque est évidemment primordial. Le fait est, néanmoins, qu'il n'a rien perdu de sa pertinence brûlante en plus de trente ans. Sous certaines réserves essentielles, notre époque contient des ressemblances frappantes avec l'ère de Nixon. La manipulation des médias, l'engagement guerrier sous des prétextes douteux, la chimère d'une mobilisation, les droits de l'homme muselés et l'appui de plus en plus pondérant sur l'armée ne sont que les problèmes les plus évidents d'une nation gouvernée par un incapable. Comme quoi, la lutte contre l'injustice continue, encore et encore, et surtout chez ceux qui se proclament avec beaucoup d'hypocrisie comme les libérateurs de la planète.

    Vu le 11 octobre 2005, au Forum des Images, Salle 300, en VO

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