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Critique de film

  • Un jour en septembre

    Un jour en septembre

    En 1972, les Jeux olympiques d'été se déroulent pour la première fois en Allemagne, à Munich, depuis le détournement de l'événement par les nazis à Berlin, en 1936. Les Allemands espèrent redorer leur blason international, en affichant un esprit de paix et de tolérance. Mais au dixième jour des jeux, un groupe de terroristes palestiniens fait irruption dans le village olympique et prend onze membres de la délégation israélienne en otage. Ils exigent la libération de plus de 200 prisonniers palestiniens, pour la plupart détenus en Israël, qui refuse toute négotiation avec les preneurs d'otages.

    Sortie : 25 janvier 2006
    Durée : 95 minutes
    Réalisateur : Kevin Macdonald
    Genre : Documentaire

    Critique de Tootpadu 3.5 ★

    Munich de Steven Spielberg contient son lot de qualités et d'imperfections, mais son accomplissement majeur consiste à fournir un prétexte pour, enfin, sortir au cinéma le documentaire qui retrace minutieusement les événements qui y figurent en guise d'introduction. Un jour en septembre a en effet déjà eu les honneurs d'une sortie en salle et d'un Oscar aux Etats-Unis il y a six ans et d'une diffusion à la télévision française en 2002. Le sortir sur grand écran relève donc d'un certain opportunisme futé de la part de son distributeur (Memento), mais aussi d'une actualité retrouvée en cette année olympique 2006, où l'Allemagne accueillira une nouvelle fois un événement sportif international (la Coupe du monde de foot) et où l'animosité israélo-palestinienne n'est point prête à se calmer. A notre avis, l'occasion de découvrir enfin ce documentaire acclamé vaut absolument la peine d'être saisie, puisqu'il n'y a pas de prescription dans l'enseignement de l'Histoire, surtout si le brasier qu'elle a allumé continue de brûler vivement jusqu'à ce jour.
    Les événements tragiques des Jeux olympiques de Munich, très brièvement et succinctement évoqués dans le film de Spielberg, font partie d'une histoire récente que la plupart des participants préfèrent occulter. Ces 24 heures qui ont secoué le monde se trouvent en fait au carrefour de mouvements sociaux et politiques qui dominent largement notre vie plus de trente ans plus tard. Les premières dérives de la couverte médiatique observées ici ont été répétées à plusieurs reprises depuis, dans une perception du monde qui passe de plus en plus à travers l'écran du téléviseur, de l'ordinateur ou du portable. L'ambition d'une prise en compte sérieuse du combat des Palestiniens pour leur autonomie n'a pas été mise en question un seul jour depuis leur recours à la violence ce jour-là. Et la menace terroriste a été multipliée, rien que depuis la réalisation de ce documentaire en 1999. Le fait qu'il ignore forcément l'attaque du World Trade Center confère au film un dessein plus universel que ne l'aurait été une mise en perspective avec ces événements plus récents.
    L'activité analytique du documentaire de Kevin Macdonald est d'ailleurs secondaire à l'évocation des faits avec une grande efficacité. Le réalisateur cherche à rester relativement impartial, d'un côté, en attribuant leur part de responsabilité à toutes les forces impliquées, à l'exception des otages bien sûr, et de l'autre, en cherchant un échantillon très large et très pointu à la fois de témoignages. Sa démarche vise certes l'effet émotionnel le plus immédiat, mais surtout le matériel d'archives qu'il déploie en grand nombre donne une impression très précise de l'événement et de ses implications plus globales. Des zones d'ombre très importantes demeurent ainsi dans cette histoire sombre qui figure comme la dernière honte nationale allemande à ce jour. Car il est aussi parlant que cet incident majeur est généralement tu outre-Rhin que le progrès en matière de gestion de crises y est resté très médiocre pendant longtemps (le drame de la prise d'otages de Gladbeck en 1988). Macdonald se contente d'évoquer les faits et de souligner les lacunes flagrantes de l'appréciation de la situation par les politiciens et les forces de l'ordre allemands. Son documentaire n'atteint pas la force explosive d'un JFK, mais il excelle à plonger le spectateur dans le chaos de l'été 1972 et de révéler les ratages pénibles dans ce fiasco des temps modernes.
    Evidemment, Un jour en septembre n'est pas un film parfait et il ne révolutionne pas non plus le genre documentaire. On pourrait lui reprocher son style très américain qui néglige jamais le côté spectaculaire, presque divertissant, de l'affaire. Ce qui nous a le plus gêné, cependant, c'est l'emploi abusif de morceaux de musique émotionnellement chargés. Ce recours systématique aux thèmes au bord de la larmoyance ou de la trivialité empêche quasiment le film d'être une leçon d'histoire profondément passionnante.

    Vu le 30 janvier 2006, au Publicis Cinémas, Salle 2, en VO

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