Veer-Zaara

Veer-Zaara
Titre original:Veer-Zaara
Réalisateur:Yash Chopra
Sortie:Cinéma
Durée:192 minutes
Date:26 avril 2006
Note:
La jeune avocate pakistanaise Saamiya Siddiqui est impatiente de plaider son premier cas devant la cour, une première pour une femme dans son pays. Il s'agit de défendre le prisonnier 786, un Indien qui est incarceré depuis 22 ans et qui ne parle plus à personne. Lorsqu'elle apprend l'histoire de cet homme remarquable, Saamiya fait tout son possible pour lui rendre sa véritable identité, faute de pouvoir le réunir avec l'amour de sa vie, Zaara, une jeune Pakistanaise qui était partie à l'époque répandre les cendres de sa nounou en Inde.

Critique de Tootpadu

L'effet dépaysant est de retour avec cette épopée sentimentale et fastueuse, qui met une fois de plus en question nos modes de réception et de lecture occidentales prétendument éclairées. On aurait en effet tort de ne pas prendre cette histoire déchirante au premier degré, puisque le cinéma indien, ou au moins l'échantillon minime qui en arrive jusque sur les écrans français, emploie encore toute sa force créatrice et sa passion à réellement faire croire au spectateur la véracité des péripéties mélodramatiques de son intrigue, le temps d'une séance marathon. La foi en l'amour, la foi en la bonté des hommes et le dévouement des femmes, la foi en une pratique réfléchie des traditions, tels sont les thèmes qui animent avec verve ces dignes successeurs du roman à l'eau de rose. Le spectacle y est complet, et l'exagération devient tout un programme, sans la moindre arrière-pensée ironique ou moqueuse. Quand vous allez voir un conte épique issu de Bollywood, ou plutôt si vous avez l'occasion et le temps d'en savourer un, il vaut mieux laisser votre esprit critique sophistiqué à l'entrée de la salle, afin de mieux vous immerger dans un univers très coloré et d'une grande innocence sentimentale.
Le nouveau mélodrame qui va droit au coeur avec l'irrésistible Shah Rukh Khan, après New-York Masala et Swades - Nous, le peuple, ne fait point exception à la règle. Tout y est plus grand que nature, surtout l'amour naissant entre les deux protagonistes qui transformera à jamais leur vie. Pendant trois heures, les amoureux se perdent et se retrouvent, et chaque nouvelle rencontre provoquera des flots de larmes et des chansons assourdissantes. On pourrait presque mourir en paix devant et à cause d'un tel excès de sucrerie, si la charge émotionnelle ne devenait pas trop, voire beaucoup trop, lourde à porter à partir du dernier acte aux revirements excessifs. Et l'histoire cadre contribue plus au ralentissement de la narration qu'à la création de moments de répit tout à fait nécessaires. De même, le procès final n'est qu'un reflet édulcoré de l'intensité sentimentale qui animait la première partie, jusqu'à l'entracte.
Au final, Veer-Zaara, ces deux noms qui sont désormais réunis, est donc un spectacle indien comme on les aime ..., de temps en temps, puisque l'indigestion sentimentale guette au bout de deux heures de coeurs brisés.

Vu le 13 avril 2006, au Planet Hollywood Champs-Elysées, en VO

Note de Tootpadu: