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Critique de film

  • Marathon Man

    Marathon Man

    Le frère de l'ancien tortionnaire d'Auschwitz, Dr. Szell, meurt dans un accident de voiture à New York. Les services secrets pensent alors que Szell va sortir de sa cachette en Amérique latine pour régler ses affaires. Alors que les cadavres s'accumulent, l'étudiant Thomas "Babe" Levy, qui s'entraîne pour le marathon, est impliqué dans cette histoire hautement dangereuse.

    Sortie : 22 décembre 1976
    Durée : 126 minutes
    Réalisateur : John Schlesinger
    Genre : Thriller

    Critique de Tootpadu 4 ★

    Pendant très, très longtemps, le spectateur reste dans l'ignorance la plus totale et la plus excitante possible dans ce thriller magistral, qui n'aurait certainement pas fait honte au maître du genre, Alfred Hitchcock. Mais de ce manque d'informations, de cette insistance malicieuse de la part du scénario et de la mise en scène de nous laisser dans une obscurité palpitante ne naît pas la moindre frustration, au contraire ! Marathon Man compte sans hésitation parmi les thrillers les mieux construits, qui réussissent à tenir constamment en haleine, tout en ajoutant à chaque revirement une pièce essentielle au puzzle qui ne devient déchiffrable qu'à la fin. L'affrontement final n'est peut-être pas au niveau des séquences douloureusement éprouvantes qui le précèdent (l'examen dentaire légendaire, notamment, mais pas que lui), soites. Et le rôle de certains personnages n'est pas des plus probants (comme celui d'Elsa). Mais dans l'ensemble, il est malheureusement très rare de voir des films qui disposent à la fois d'une telle force instinctive, d'une telle élégance formelle et d'un fond qui fait preuve d'un raisonnement existentialiste et humaniste d'une intelligence exceptionnelle.
    En plus, Marathon Man est un témoin privilégié de son époque. A commencer par les turbulences du milieu des années 1970, qui paraissent tellement loin de nos jours, mais que le scénario intègre dans l'intrigue avec une aisance remarquable. Trente ans après, les derniers vestiges vivants du nazisme, qui allaient faire un ultime sursaut filmique deux ans plus tard dans Ces garçons qui venaient du Brésil, doivent paraître comme un anachronisme, à l'image des premières manifestations écologistes à Paris ou de la grève des bagagistes à New York. Mais ces détails historiques participent à une datation positive de l'oeuvre, au même niveau que le décor urbain et une esthétique à la pointe de son époque. Que ce soit la photographie de Conrad Hall aux multiples jeux de lumière, très contrastée, la bande originale de Michael Small, qui inclue quelques mesures expérimentales très réussies, le montage exemplaire de Jim Clark ou la réalisation de John Schlesinger, plus énergique que d'habitude, la forme de ce film représente pratiquement la somme de ce qui se faisait de mieux dans une de nos décennies préférées de l'histoire du cinéma.

    Revu le 22 octobre 2006, en DVD, en VO
    Revu le 23 octobre 2006, en DVD, en VO

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