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Critique de film

  • Coup de torchon

    Coup de torchon

    Au mois de juillet 1938, Lucien Cordier remplit avec le laxisme qui lui est propre le poste d'unique policier dans le village de Bourkassa, en Afrique Occidentale française. Il est plus contrarié par l'odeur des toilettes publiques en face de son logement de service, que par les activités illicites ou extra-conjugales, qui se trament derrière son dos, voire avec sa complicité. Seule l'humiliation permanente de la part de deux maquereaux locaux lui insupporte. Il se rend alors en ville pour demander conseil à son ami, l'officier de police Marcel Chavasson, afin de savoir comment se débarrasser de cette nuisance.

    Sortie : 04 novembre 1981
    Durée : 128 minutes
    Réalisateur : Bertrand Tavernier
    Genre : Drame colonial

    Critique de Tootpadu 3.5 ★

    Quel magnifique conte d'immoralité que ce septième film de Bertrand Tavernier ! Plus qu'une étude pugnace sur l'administration méprisable de l'Afrique par la France, ce film dresse le portrait hautement fascinant d'un homme, en apparence d'une bonté autant motivée par la lâcheté que par un état d'esprit complètement désabusé, qui est au fin fond de lui-même plutôt un monstre. L'attitude de Lucien Cordier, d'abord grognonne et évasive, pour basculer progressivement vers un état d'illumination et être pris dans l'engrenage de la violence, dans laquelle il ne se retrouve plus (cf. le très beau dernier plan du film, qui fait écho à l'éclipse du début, sauf que ce sont désormais les vestiges de l'humanité du protagoniste qui se sont éclipsés), se trouve ainsi au centre d'une histoire riche en coups bas et répliques assassines.
    Philippe Noiret tient ici un de ses meilleurs rôles : un bon bougre dont tout le monde se sert, jusqu'à ce qu'il apprenne à mettre à profit sa propre bestialité. Noiret maîtrise les nombreuses facettes du personnage avec une virtuosité, qui le fait passer instantanément du regard de tueur à un air de douceur dangereusement trompeur. Son jeu très subtil ne lève jamais tout à fait le voile sur la lucidité de Cordier. S'agit-il d'un manipulateur suprême ou, au contraire, se laisse-t-il stoïquement guider par les événements, comme un parent éloigné de Meursault dans "L'Etranger" d'Albert Camus en quelque sorte ? Mystère ...
    Toujours est-il que la mise en scène dynamique de Bertrand Tavernier, la caméra toujours en mouvement de Pierre-William Glenn et la bande originale sporadique, mais très efficace, de Philippe Sarde apportent leur part pour rendre ce récit d'une lente descente aux enfers aussi intense qu'inquiétant.

    Revu le 14 mai 2008, à la Cinémathèque Française, Salle Jean Epstein

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Le 23 septembre 2010

Note de Ericc 5 ★

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