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Critique de film

  • Jewish connection

    Jewish connection

    En 1998 à Brooklyn, le jeune Sam Gold voit son avenir tout tracé au sein de la communauté juive. Il suit des études pour devenir rabbin et il espère fonder rapidement une famille avec une jeune femme que ses parents ont choisi pour lui. Mais le mariage ne se fait pas, en raison du niveau social modeste de la famille de Sam. Ce dernier se laisse séduire alors par la proposition de son voisin Yosef Zimmerman, qui fait une fortune en important clandestinement des médicaments aux Etats-Unis. Sam fait un premier voyage à Amsterdam, en compagnie de son meilleur ami et frère de Yosef, Leon. A son retour, il apprend qu’il a transporté de la drogue. Alors que Leon bat immédiatement en retraite, Sam cède à l’appel de l’argent facile.

    Sortie : 16 février 2011
    Durée : 89 minutes
    Réalisateur : Kevin Asch
    Genre : Drame

    Critique de Tootpadu 3 ★

    Un juif orthodoxe qui fait la mule : il n’y a pas trente-six mille possibilités comment cette histoire, inspirée de faits réels, aurait pu se terminer. Mais le but du premier film du réalisateur Kevin Asch n’est pas de nous faire la morale sur les effets néfastes de tout ce qui a trait à la drogue. Il explore plutôt le processus d’émancipation que son jeune protagoniste traverse. Pendant longtemps, Sam tente en effet de rester fidèle à ses croyances et aux pratiques religieuses qui lui ont été inculquées depuis son plus jeune âge. Du coup, il fait figure de paria dans les deux univers qu’il fréquente : une curiosité dans celui de la drogue et un embarras auprès de sa famille, qui se doute que quelque chose ne tourne pas rond dans sa vie. La tragédie de Sam Gold, c’est qu’il cherche en vain à concilier ces deux extrêmes. Il résiste aux tentations de l’alcool, de la drogue, et du sexe facile, tout en cherchant à réinvestir l’argent gagné illégalement dans l’essor économique de sa famille. Bien sûr, cette démarche schizophrène l’isole encore plus, avant qu’il ne retrouve la raison et qu’il assume ses actes.
    En dépit de tous les clichés sur la communauté juive de New York et les clubs miteux du crime organisé qu’il nous balance, Jewish connection est un film qui se permet étonnamment peu de juger ses personnages. Au fond, nous savons d’emblée que Sam fait une énorme bêtise en acceptant de devenir l’associé de Yosef et le doute ne persiste guère que l’intéressé en est également conscient. L’enjeu principal du film est du coup l’observation des étapes progressives de la perversion du jeune homme, qui dégringole du rôle du fils modèle à celui de la honte innommable pour toute la communauté. Sam ne poursuit point une éventuelle rédemption, mais l’illusion de pouvoir se sortir moralement indemne de son engagement purement commercial dans une affaire très louche. Son rêve s’arrête brusquement, non pas parce qu’il aurait compris les conséquences de ses erreurs, mais parce que la mécanique s’enraye à cause d’un petit jeune qui n’est pas aussi téméraire que Sam.
    La mise en scène de Kevin Asch fait suffisamment confiance aux implications morales de son histoire, pour ne pas l’encombrer avec une narration inutilement imbriquée. Elle sait préserver une notion de doute très forte, peu importe les situations de plus en plus dangereuses dans lesquelles Sam se trouve. La retenue avec laquelle le personnage principal tente son grand écart, condamné d’avance puisque l’on ne peut pas être simultanément un saint et un gangster, y est sous-jacente à chaque moment. Enfin, l’interprétation de deux jeunes comédiens normalement abonnés aux productions des studios, Jesse Eisenberg et Justin Bartha, apporte un cachet indéniable à ce film très solide.

    Vu le 8 septembre 2010, au C.I.D., Deauville, en VO

    Critique de Mulder 3 ★

    Drôle de film qu'est Jewish connection puisqu'il mélange le film sur la description fidèle de la vie d'une communauté juive et le film sur le milieu du transport de drogue (ecstasy puis drogue dure). Inspiré d'une histoire vraie, le transport de drogues par des juifs orthodoxes, le sujet est assez original pour retenir mon attention pendant la durée du film. La manière très "années 1980" que le réalisateur a pour filmer son histoire est certes difficile à aborder initialement, puis finit par remporter mon adhésion.

    Jewish connection procède de la même manière que Witness pour décrire les rituels de cette minorité, mais cette fois-ci, le personnage principal souhaite changer de mode de vie pour lutter contre la condition sociale de sa famille. S'il décide d'adhérer au transport de substances illégales, ce n'est que pour avoir un meilleur niveau de vie et surtout pour pouvoir se trouver une épouse, vu que la famille de celle à qui il était destiné a décidé de choisir un autre époux pour leur fille, à cause du statut précaire de ses parents. Interprété avec brio par le jeune comédien Jesse Eisenberg (Bienvenue à Zombieland), le personnage principal est un indécis, qui lutte continuellement entre le bien et le mal.

    Le cinéma américain indépendant, dont ce film est un exemple de plus, est un cinéma cru, sans aucune censure. Nous avons à faire ici à un film noble et sérieux, et non pas à un produit marketing. Le budget minime de ce film se ressent certes par moments, mais il permet une réalisation sans fioritures, ni effet de style cachant la pauvreté scénaristique d'autres films.

    Un film de cinéma se veut être un vecteur pour raconter une histoire, sans oublier d'être une source d'enrichissement ou d'évasion, voire de plaisir coupable ou de defouloir. Lorsqu'un film réussit à retenir l'attention de son public sur un sujet guère facile d'accès (les mœurs des rabbins), l'effort doit être salué.

    Vu le 12 septembre 2010, au Casino, Deauville, en VO

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