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  • Planète des singes Les origines (La)

    Planète des singes Les origines (La)

    A San Francisco, le chercheur Will Rodman est sur le point de découvrir le remède miracle contre la maladie d’Alzheimer, grâce à ses expériences sur des chimpanzés. Mais son sujet le plus prometteur devient agressif sans explication, ce qui déclenche la fermeture de l’unité de Rodman et l’euthanasie des autres singes infectés par le virus testé. Seul un bébé chimpanzé échappe à l’hécatombe. Rodman l’emmène chez lui pour en faire l’animal de compagnie de son père, atteint de sénilité. Mais ce jeune singe anthropoïde, qui portera le nom de César, se démarque par une intelligence phénoménale, qu’il aurait hérité des gènes modifiés de sa mère. Rodman l’élève en secret, tout en poursuivant ses recherches. Une fois adulte, César s’accommodera de moins en moins bien de sa cage dorée.

    Sortie : 10 août 2011
    Durée : 105 minutes
    Réalisateur : Rupert Wyatt
    Genre : Science-fiction

    Critique de Tootpadu 3 ★

    On pourrait discuter pendant des heures sur la nécessité de raviver l’univers de La Planète des singes, surtout après la dernière tentative mortellement ennuyeuse que Tim Burton avait entreprise sans trop de conviction il y a dix ans. Le concept d’une rivalité impitoyable entre des humains et des singes qui leur sont presque égaux dispose en effet d’un lot considérable de réflexions possibles sur notre civilisation, qui se maintient en haut de la chaîne alimentaire, non pas grâce à une quelconque vocation divine, mais parce qu’elle a su s’adapter et employer son intelligence à des fins de domination sans partage de la planète. Tous les films de la saga ont joué plus ou moins finement sur ce renversement du statu quo, en donnant néanmoins le plus souvent le beau rôle aux humains, déchus de leurs privilèges. A l’exception notable de La Conquête de la planète des singes de J. Lee Thompson, qui évoque au contraire les abominations de l’esclavage que les singes civilisés subissent par la faute des hommes.
    Même si elle remonte, comme le titre français l’indique, aux origines du soulèvement des bêtes anthropoïdes, l’histoire de ce film s’apparente à celle de l’épisode cité plus haut. Les singes n’y sont initialement que des cobayes de laboratoire, livrés au bon vouloir des scientifiques au gré des progrès ou des impasses de la recherche. La possibilité d’une relation plus sincère et moins intéressée entre les singes et leurs maîtres est invariablement soumise aux besoins médicaux, voire à la quête d’une notoriété personnelle de la part des personnages humains aveugles à la souffrance de César et des siens. En ce sens, Will Rodman est le protagoniste typique de la vieille école du cinéma américain de science-fiction des années 1950 et ’60. Interprété par James Franco avec un dosage quasiment parfait entre des bonnes intentions et un détachement qui borde à la naïveté, il veut faire du bien en promouvant le côté altruiste de la recherche médicale, à l’encontre de son supérieur Jacobs, qui voit les choses d’une manière plus pragmatique et moins idéaliste. Mais en même temps, le singe hautement intelligent qu’il a recueilli n’est pour lui qu’un prétexte afin de retarder le déclin mental inévitable de son père, quitte à attribuer à ce dernier un remède aux effets secondaires imprévisibles. Une fois que sa création aura dépassé son utilité première, c’est-à-dire de tenir compagnie au vieillard et de prouver que ses recherches étaient sur la bonne voie, Rodman ne fait que courir après un enchaînement accéléré d’événements sur lequel il n’a dès lors plus aucune emprise.
    A partir de ce fond scénaristique et idéologique fort solide, La Planète des singes Les origines sait séduire avec un spectacle viscéral de premier ordre. Dépourvu du moindre temps mort, le récit avance à une vitesse soutenue jusqu’à une conclusion qui lorgne peut-être un peu trop du côté de L’Armée des douze singes de Terry Gilliam, mais qui a au moins l’avantage de ne pas se lancer dans des raisonnements farfelus pour expliquer la victoire des singes. Le deuxième long-métrage du réalisateur Rupert Wyatt sait en effet rester modeste et concentré sur un divertissement qui dispose certes d’effets spéciaux impressionnants, très loin du maquillage bon marché de certains films de la saga, mais qui n’en fait pas tout un étalage tonitruant, au détriment de la cohérence et de l’intensité de l’intrigue. A mi-chemin de la saison 2011 des blockbusters estivaux, ce film fait même pour l’instant figure de favori personnel, puisqu’il ne reste pas figé dans une posture révérencieuse envers son modèle, comme ce fut le cas de Super 8 de J.J. Abrams. Bien que le film le plus abouti de l’univers reste incontestablement l’original signé Franklin J. Schaffner, cet épisode-ci s’en approche à la fois par sa narration vigoureuse et par son exploration approfondie, quoique pas toujours originale, d’une prémisse qui n’a rien perdu de son potentiel inquiétant.

    Vu le 2 août 2011, au Club de l'Etoile, en VO

    Critique de Mulder 4.5 ★

    Après six films et une série, et malgré l'échec tant artistique que commercial du dernier film réalise par un Tim Burton en manque d'inspiration et en confrontation directe avec le studio Fox en 2001, on ne pouvait pas s'attendre à une si grande surprise en regardant ce « revival ». Certes, la bande-annonce en disait beaucoup trop, mais comparé au film elle n'est que superficielle et un simple montage de quelques une de ses scènes fortes.

    Pour relancer la saga de La Planète des singes, la Fox a eu l'excellente idée de revenir à ses origines et de faire abstraction de certains éléments des précédents films. Ce n'est donc pas un voyage dans le temps qui amène les parents de Cesar à notre époque, mais la science et le fait qu'il soit adopté par un jeune scientifique (James Franco). Ce film est donc une introduction parfaite pour relancer la saga. Le fait que la race humaine ait pratiquement disparu de la surface de la Terre est aussi expliqué par un joli clin d'oeil à L'Armée des douze singes.

    Loin de ces blockbusters sans âme, la Fox a retenu les leçons de la Warner et ce film s'inscrit totalement dans le mouvement post The Dark knight. Plus un film est noir / pessimiste et plus le spectateur y prendra part et attachera de l'importance à l'histoire contée. Notre parti serait donc plus du côté des chimpanzés séquestrés, torturés, humiliés que de celui de ces humains sans scrupule, sans sens moral et risible au possible (la scène du voisin et de sa voiture par exemple). La science a ainsi permis à la nature d'évoluer et de faire de l'espèce prédominante celle courant à sa perte. Les singes ont évolué (contre-mouvement darwinien) et commencent à avoir des éléments de ressemblance avec notre race. Ce film est celui d'une révolution noble, puissante et superbement réalisée. Le fait que le film se déroule en Californie permet d'incorporer les éléments touristiques (câble car, le pont du Golden Gate) à l'histoire. Jamais la ville de San Francisco n'a été filmée aussi parfaitement. Le réalisateur réussit ainsi en se reposant sur un scénario solide, et même digne d’un Oscar, à faire de ce film instantanément un film culte. Une nouvelle fois, les effets spéciaux numériques ont remplacé les maquillages et prothèses utilisés dans les première films. Ils renforcent les sentiments ressentis par Cesar.

    Certaines scènes du film sont de véritables moments d'évasion, grâce aux mouvements rapides de déplacement de Cesar. Ce personnage nous rappelle ainsi les effets spéciaux des deux derniers Spider-man et nous montre qu'un tel film n'aurait pu se faire il y a dix ans. Les effets spéciaux sont comme la science en évolution permanente et ce type de film les pousse vers le haut. Espérons qu'ils seront toujours au service des acteurs et ne prendront pas leur place dans un futur pas si lointain …

    Cet été aura permis d'imposer comme moments forts un film Marvel (Captain America First Avenger) et ce film-ci de la Fox. Espérons que si ce film a une suite, elle sera de la même teneur brillante. Ce pur chef-d'œuvre de la science-fiction trouvera prochainement sa place parmi nos Blu-rays entre Blade runner et la première Planète des singes.

    Vu le 9 août 2011, au Gaumont Disney Village, Salle 1, en VF

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Le 13 mars 2012

Note de fab 4 ★

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