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Critique de film

  • Cheval de guerre

    Cheval de guerreNouvelle critique !

    Depuis qu’il l’a vu naître, Albert Narracott est fasciné par le cheval demi-sang Joey. Quand son père, un pauvre fermier de la campagne anglaise, l’achète pour le faire labourer les champs, Albert est aux anges. Afin de sauver la ferme de la faillite, il faudra pourtant plus que de l’amitié pour cet animal hors du commun. Quand la Première Guerre mondiale éclate, Joey est vendu à l’armée britannique pour renflouer les caisses familiales, après une mauvaise récolte. Dès lors, Albert jure de retrouver son ami à tout prix, quitte à s’engager lui-même et à participer à cette guerre qui mettra fin à toutes les guerres.

    Sortie : 22 février 2012
    Durée : 147 minutes
    Réalisateur : Steven Spielberg
    Genre : Guerre

    Critique de Tootpadu

    Les derniers films de Martin Scorsese et de Steven Spielberg sont étonnamment similaires. Vénérés par des groupes de spectateurs pas toujours compatibles entre eux, ces deux réalisateurs ont dorénavant atteint l’âge où il était autrefois de rigueur de partir à la retraite. Nullement las de leur métier qu’ils exercent le plus souvent brillamment, ils ont pourtant fait, avec respectivement Hugo Cabret et Cheval de guerre, des films destinés à la (très) jeune génération, qui s’évertuent accessoirement à administrer un cours en Histoire du cinéma plus ou moins appuyé. La période filmique visée n’est certes pas la même, puisque Scorsese puise dans les trésors longtemps négligés du cinéma muet, là où Spielberg est allé chercher son inspiration du côté d’une époque à peine plus récente, allant à peu près de la fin des années 1930 avec l’hommage final peut-être trop ostentatoire à Autant en emporte le vent de Victor Fleming, jusqu’au milieu de la décennie suivante représenté au début de cette épopée par un aspect visuel directement tributaire du Grand National de Clarence Brown, en passant par une multitude de renvois au style inimitable de John Ford. Toutefois, la façon d’incorporer ces références, non pas en les faisant disparaître dans le vocabulaire filmique propre à chacun de ces deux réalisateurs majeurs, mais en insistant au contraire sur leur étrangeté esthétique dans le contexte d’un film tourné plus d’un demi-siècle plus tard, les réunit dans une volonté de transmission de l’héritage cinématographique, qui peut paraître un peu trop didactique.
    De même, bien que les cabotinages d’un gendarme boiteux nous soient heureusement épargnés ici, le ton ne se prive point de quelques écarts dangereusement sirupeux dans leur empressement de trouver quelque chose d’héroïque dans ce carnage nihiliste que la Première Guerre mondiale était sans doute plus qu’aucun autre conflit armé de l’Histoire récente. On meurt ainsi systématiquement hors champ, grâce aux prouesses du montage de Michael Kahn ou bien caché dans un nuage de fumée de gaz ou derrière une aile de moulin, dans ce film qui réserve la grande scène de deuil à la disparition d’un autre cheval. Sur ces personnages hippiques repose même la lourde charge de créer un lien entre les différentes parties du film, une tâche d’autant plus difficile que Joey a tout d’un ange de la mort malgré lui et que la mise en scène entreprend toutes sortes de manœuvres pour humaniser son action, à notre grand soulagement sans pour autant commettre la faute irréparable de l’affubler d’une voix off.
    Le passage du cheval d’un propriétaire à l’autre a failli nous rappeler la structure narrative plutôt bancale de ces films à épisodes des années 1960 et avant, qui se servaient d’un objet arbitraire, comme un manteau ou une Rolls-Royce en or, pour relier des sketchs assez disparates. La mise en scène vigoureuse de Steven Spielberg, qui assume pleinement son académisme hautement rétro, permet néanmoins de conférer une certaine unité à cet ample tableau historique, guère avare en pathos et grands sentiments. Sans reproche du côté technique, notamment par le biais d’une bande son aussi tonitruante que celle d’Il faut sauver le soldat Ryan et d’une musique si majestueuse que seul le retraité John Williams était en mesure de la composer, ce film s’avère déjà moins convaincant de celui de l’interprétation, puisque la distribution très hétéroclite fait essentiellement de la figuration au profit du cheval vedette. Ce qui est quand même dommage, quand on a pris la peine de réunir de jeunes premiers fougueux comme Tom Hiddleston et Toby Kebbell, et des vétérans de la trempe de Peter Mullan, Niels Arestrup, voire Philippe Nahon, plus habitué aux films français intimistes, pour une apparition anecdotique.

    Vu le 16 février 2012, à la Salle Pathé François 1er, en VO

    (Critique mise en ligne le 16 février 2012)

    Critique de Mulder

    A Tootpadu, qui m’a permis de réaliser l’un de mes rêves d’enfant et de rencontrer Steven Spielberg.

    Après l'excellent film d'animation Les Aventures de Tintin Le Secret de la licorne, Steven Spielberg revient à sa thématique de prédilection, soit le film épique mélangeant les genres du cinéma d'aventure et de guerre. Après que la Seconde Guerre mondiale a servi de trame de fond dans la saga Indiana Jones et La Liste de Sclindler, Cheval de guerre se déroule pendant la Première Guerre mondiale, dite la sale guerre.

    D'un petit village de la campagne profonde anglaise aux champs de bataille, l'amitié entre un jeune fermier Albert et son cheval Joey sera contrecarrée par leur séparation, Joey étant revendu à un soldat. Le cheval fera alors tout pour retrouver son maître. La route sera longue pour Joey et il croisera autant la cavalerie britannique que les troupes allemandes et se fera même adopté par un vieux fermier français et sa petite fille. Sur la base d'un scénario propice au grand spectacle de qualité, Steven Spielberg fait de Cheval de guerre son film un pamphlet de la victoire de l'innocence sur une société gangrenée, de la jeunesse victorieuse sur un monde d'adulte sans repère. Ce film montre surtout que, même sur la base d'une pièce de théâtre pourtant propice à une certaine fixité structurelle, Steven Spielberg réussit à faire de son film un film d'aventure très rythmé et ancré dans un réalisme total.

    Chaque plan de ce film est exemplaire et semble témoigner du talent hors norme de l'enfant terrible d'Hollywood devenu adulte, mais ayant gardé son âme d'enfant innocent. Comme cette scène intense et l’une des plus belles vues depuis longtemps en cinémascope, où Joey galope à travers les tranchées sur des terres apocalyptiques, tel un souffle d’espoir dans un monde ayant perdu ses repères. Tel Joey, Steven Spielberg est un réalisateur ayant gagné sa liberté artistique dans un Hollywood en perdition artistique.

    Il est non seulement l'un des plus grands réalisateurs hollywoodiens, mais surtout un conteur hors pair pour raconter des histoires inter-générationnelles. De film en film, Steven Spielberg montre que la fonction principale d'un réalisateur, véritable chef d'entreprise, est de tirer le maximum des éléments dont il dispose pour raconter l'histoire que le public souhaite voir se dérouler devant ses yeux. Le fait qu'il travaille depuis très longtemps avec la même équipe (compositeur, monteur, chef opérateur) lui permet d'avoir une meilleure assise pour obtenir le meilleur résultat possible. Cheval de guerre est ainsi une nouvelle réussite à compter dans sa filmographie avec pas moins de six nominations aux Oscars. Ce film montre surtout que l'excellence spielbergienne touche tous les genres de cinéma : le fantastique, le film de guerre, la comédie, la science fiction.

    Ce film m'a touché très personnellement. Début janvier, il m’a surtout permis de rencontrer la même semaine mon réalisateur américain préféré (avec Christopher Nolan) et d'obtenir sa dédicace sur une photo, que je regarde chaque jour en me rappelant que les rêves d'un enfant mordu de cinéma peuvent se réaliser. Le fait d'avoir pu le côtoyer restera à jamais gravé dans ma mémoire comme ce film épique et parfait.

    Vu le 9 janvier 2012, à la Cinémathèque Française, Salle Henri Langlois, en VO

    (Critique mise en ligne le 20 février 2012)

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"Quelques notes justes dans ce film chanté, sans l'harmonie toutefois d'une pièce vraiment..."

Claire a propos de Bien-aimés (Les)

"Superbe film...enfin de vraies questions posées (c'est suffisamment rare pour être..."

Claire a propos de Une séparation

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