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Critique de film

  • Speed

    Speed

    Dans un ascenseur d'un immeuble administratif à Los Angeles, une dizaine de personnes sont prises en otage par un criminel qui exige trois millions de dollars. Grâce à l'intervention des policiers d'élite Jack Traven et Harold Temple, le pire peut être évité. Fou furieux d'avoir échoué, le maître chanteur prépare un dispositif encore plus diabolique, afin de se venger de Jack et de remporter enfin la rançon : il place une bombe puissante dans un bus qui est obligé de rouler à plus de 80 km/h, sinon il explose. La course contre la montre et à toute vitesse a commencé pour Jack et les occupants du bus maudit.

    Sortie : 24 août 1994
    Durée : 111 minutes
    Réalisateur : Jan De Bont
    Genre : Action

    Critique de Tootpadu 3.5 ★

    Le vieil adage selon lequel on ne fait plus des films comme ceci ou comme cela de nos jours peut parfois s'appliquer à des productions d'un passé relativement récent. Ainsi, ce film d'action très esthétiquement musclé se dresse comme un des meilleurs du genre de sa décennie, et il nous fait par la même occasion regretter que de telles prouesses ne voient que rarement le jour dans notre époque bien plus sombre. Car en dessous d'un rythme haletant à toute épreuve, il colporte un état d'esprit et, plus banalement, une façon de faire qui n'ont plus cours actuellement.
    En un peu plus de dix ans, déjà, la perception de la menace terroriste et la photo-robot de l'ennemi type du point de vue américain ont en effet totalement changé. Il est pratiquement impensable dans notre ère post-11 septembre de donner au méchant des traits aussi caricaturaux que ceux du personnage de Dennis Hopper, un véritable forcené grandiloquent. Faire exploser des emblèmes de la réussite américaine n'est plus une question d'argent, mais une croisade idéologique dont les retombés économiques ne sont pas le but final. Ce virement vers l'érection des terroristes purs et durs en démons omniprésents n'a bien sûr pas commencé en 2001, puisque des films comme Couvre-feu d'Edward Zwick s'y ont attelé des années auparavant. Mais cette innocence relative d'un méchant simplement corruptible, et un peu fou aussi, reflète assez bien, à notre humble avis, un état d'esprit beaucoup moins traumatisé que la paranoïa xénophobe et raciste qui animait encore récemment les Etats-Unis. A ce sujet, la composition du groupe d'otages est très agréablement mixte, avec des Américains d'origines très diverses réunis dans une même galère. Toutefois, si ce n'était pour le conducteur de la Jaguar (Glenn Plummer), on pourrait y voir aussi un commentaire sur la fréquentation accrue des transports en commun, ici comme ailleurs, par une population issue de l'immigration.
    Techniquement, Speed se trouve encore du bon côté du carrefour de la révolution numérique. Tourné juste un an après Jurassic Park, qui constitue tant bien que mal le coup d'envoi de la course aux effets sortis exclusivement de l'ordinateur, il n'en abuse pas du tout et il fait même preuve d'une toute petite maladresse (l'ombre du pont inexistant). L'expérience visuelle n'en est qu'accrue et c'est avant tout la bande son tonitruante qui nous laisse littéralement scotchés dans notre fauteuil. Grâce au travail génial des ingénieurs du son et à l'efficacité parfaite du montage, le film est un véritable tour de force, un divertissement quasiment parfait qui n'a pas vraiment été égalé depuis. Signalons également la bande originale de Mark Mancina qui compte parmi les plus réussies du genre.
    Notre enthousiasme infatigable pour ce film d'action explosif n'est modéré que par une certaine paresse du scénario. Chaque fois qu'un élément manque de crédibilité, ce dernier se défausse sur l'intuition phénoménale du protagoniste qui sent que telle ou telle manoeuvre n'a aucune chance d'aboutir. D'ailleurs, le héros interpreté par un Keanu Reeves au meilleur et au plus beau de sa forme est quand même un sacré casse-cou, le genre d'individu porté sur des cascades insensées qui n'est normalement pas censé nous inspirer confiance.
    Après l'énième vision de ce modèle presqu'irréprochable du genre, nous nous demandons toujours comment le réalisateur Jan De Bont (aux capacités cinématographiques à peu près aussi spécifiques que son confrère Andrzej Bartkowiak, encore chef opérateur ici) a pu échouer par la suite dans son parcours à côté, et non pas derrière, la caméra, au point de réaliser au mieux quelques films très moyens (Twister) et au pire des bouses irregardables (Hantise) ?

    Revu le 9 février 2006, en DVD, en VO
    Revu le 5 octobre 2006, en DVD, en VO
    Revu le 24 février 2010, en DVD, en VO

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