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Critique de film

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    Populaire

    A la fin des années 1950, Rose Pamphyle rêve de se dérober à la vie qu’elle voit déjà toute tracée devant elle. La fille de l’épicier d’un village normand, elle est censée se fiancer avec le fils du garagiste, alors qu’elle espère faire carrière à la ville en tant que secrétaire. Son premier poste à Lisieux chez l’assureur Louis Echard ne lui réussit guère. Elle est maladroite et risque de se faire renvoyer au bout d’une semaine. Son patron ne la garde qu’à une condition : qu’elle accepte de se laisser entraîner par lui pour le concours régional de dactylographie. Rose accepte, même si cela implique qu’elle devra s’installer dans la demeure familiale d’Echard.

    Sortie : 28 novembre 2012
    Durée : 111 minutes
    Réalisateur : Régis Roinsard
    Genre : Comédie dramatique

    Critique de Tootpadu 2.5 ★

    La relecture de l’univers feutré des années 1950 et ’60 ne date pas de hier, puisque des films aussi jubilatoires que Bye bye love de Peyton Reed et aussi graves que Loin du paradis de Todd Haynes nous ont déjà montré quels tourments somnolaient sous la surface de la bienséance proprette, de rigueur à l’époque. Du côté français, le dernier exemple réussi de ces pastiches à prendre au second degré est probablement Potiche de François Ozon, qui tournait en dérision la nostalgie des années 1970. Le premier film de Régis Roinsard allait à première vue opérer sur le même terrain, sauf que Populaire n’est après tout qu’une comédie gentillette et inoffensive, dont la platitude empêche toute envolée de charme.
    Le conte de fées d’une jeune demoiselle de province, qui part conquérir le monde entier grâce à ses talents de dactylographie, reste si sagement fidèle aux règles du genre qu’aucune petite touche subversive ne vienne perturber la torpeur qu’il nous inspire. Rose n’aspire à rien de plus qu’un bonheur modeste, à la portée de la bourgeoisie des villes moyennes, qui l’arracherait à la ringardise propre au monde fermé sur lui-même des villages. Elle n’est point une mondaine qui s’ignore, ni une bête ambitieuse qui écraserait tous ses concurrents sur son chemin vers la gloire. Non, son seul trait de caractère en mesure de nous la rendre tant soit peu sympathique, c’est au contraire sa gaucherie et – vive la philosophie réactionnaire ! – son besoin d’un homme fort à ses côtés pour la protéger de ses propres maladresses. Cet homme, c’est bien sûr Romain Duris en plein mode « sourire suffisant » et fier comme un paon, qui avait su nous subjuguer dans le passé par des interprétations sensiblement plus charnues.
    Car faute d’une proposition de mise en abîme plus ingénieuse que la citation déplacée de Sueurs froides de Alfred Hitchcock lors de la séquence de transformation dans la chambre d’hôtel, la narration reste ennuyeusement quelconque, au service d’une intrigue dont l’humour a dû nous échapper en grande partie. Il n’y a donc pas de quoi crier au chef-d’œuvre, et même pas au divertissement plaisant et espiègle. Juste à s’interroger sur la raison d’être d’un film, qui paraît encore plus vieillot et poussiéreux que ceux d’il y a un demi-siècle qu’il prétend imiter.

    Vu le 2 janvier 2013, à l’UGC Ciné Cité La Défense, Salle 12

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