A Girl walks home alone at night
Réalisé par Ana Lily Amirpour (2015)
| Durée | 100 minutes |
| Sortie | 14/01/2015 |
| Note | 7/10 |
Toxicomane, le père du jardinier Arash doit de l’argent à son dealer. Ce dernier se rabat sur la voiture d’Arash, grâce à laquelle il séduit toutes sortes de prostituées dans les rues malfamées, la nuit à Bad City. Un soir, il ramène une femme voilée mystérieuse chez lui, qui finit par l’assassiner sauvagement. Arash profite de ce meurtre pour récupérer sa voiture, ainsi que de la drogue qu’il vend dès lors à son compte. Mais lui aussi tombera sous le charme vénéneux de l’inconnue.
Les critiques
Par Tootpadu 06/09/2014
La compétition du 40ème festival du cinéma américain vient à peine de commencer. Cependant, il nous paraît peu probable que nous tombions dans les huit jours à venir sur un film d’une plus grande beauté esthétique ! La photographie en noir et blanc de A Girl walks home alone at night est simplement sublime. Si un prix technique existait dans le palmarès du festival, qui donne l’avantage à la reconnaissance globale de l’œuvre cinématographique, le premier film de la réalisatrice Ana Lily Amirpour le mériterait amplement. Le jeu des zones d’ombres et de lumière y accentue la sensation d’oppression, tout en conférant un aspect saisissant à un décor urbain, qui brille autrement par sa désolation. Si cette histoire de vampire un peu trop tirée en longueur retient tant soit peu notre attention, elle le doit avant tout à la photographie magistrale de Lyle Vincent.
Car une fois que l’on fait abstraction de la forme éclatante, il ne reste plus grand-chose en termes de fond et de complexité dramatiques. La narration se complaît parfois à laisser les séquences s’étirer et, généralement, les rares revirements auraient plus convenablement rythmé un métrage d’une moindre durée. L’évocation d’une étrangeté vaguement inquiétante, où la mort peut ressembler à la délivrance d’une existence misérable, est encore renforcée par l’emploi du farsi, une langue que l’on a l’habitude d’entendre du côté des drames austères de Asghar Farhadi. Dans le cadre d’un film de genre, qui cherche l’horreur suscitée par les vampires dans l’intimité d’une rue déserte la nuit, elle contribue par sa tonalité peu familière à dépeindre un univers apocalyptique, aux cadavres jetés sans explication dans une sorte de fosse commune artisanale.
En somme, la maîtrise remarquable de la forme visuelle joue presque contre la tenue globale du récit, assez anémique du côté du seul et unique personnage sanguinaire. Tandis que nos yeux sont éblouis par une image renversante, notre cerveau se demande encore à quoi rime cette intrigue plutôt vague et mollement contemplative.
Vu le 6 septembre 2014, au C.I.D., Deauville, en VO
Par Mulder 31/08/2014