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Interstellar

  • Interstellar
    Dans un avenir proche, la Terre représente une source de nourriture et de vie de plus en plus précaire pour l’humanité. L’ancien pilote de navettes spatiales Cooper s’est reconverti dans l’agriculture. Alors que la sécheresse et un vent de poussière constant menacent chaque année la récolte, le veuf Cooper tente d’élever tant bien que mal sa fille Murph et son fils Tom, avec l’aide de son beau-père Donald. Des événements étranges autour de sa ferme, que Murph interprète correctement, le conduisent vers une installation secrète de la NASA. Des scientifiques y préparent le futur exode de l’espèce vers une autre planète. Cooper devra participer à cette exploration interstellaire, quitte à abandonner ses enfants.

Critique de Tootpadu

  • Que restera-t-il de l’humanité, quand notre planète nous lâchera ? Ce moment fatidique arrivera certainement un jour très lointain, lorsque le soleil s’éteindra d’ici quelques millions d’années. Mais en attendant cette extinction des feux définitive, le style de vie de notre civilisation de consommation nullement intéressée par une gestion durable de nos ressources naturelles fait tout son possible pour précipiter le cataclysme. Inutile par conséquent de dater précisément l’action du nouveau film de Christopher Nolan, puisque pareille détresse planétaire, avec un dérèglement climatique et un appauvrissement alarmants, pourraient hélas raisonnablement se produire de notre vivant. La description de cette grisaille ambiante, où l’espoir meurt en dernier pendant que la tristesse et la résignation gagnent patiemment du terrain, compte parmi les points forts de Interstellar. Contrairement aux scénarios catastrophe qui poussent d’habitude à l’abandon hâtif de l’habitat terrestre pour chercher le bonheur dans une autre galaxie, le déclin se déroule plus subrepticement ici. A tel point que l’aspect inoffensif de la menace diffuse risquerait presque d’ébranler pour des raisons purement sentimentales la décision du protagoniste de partir.

    Or, c’est justement l’attachement inconditionnel à sa progéniture qui incite Cooper à enfiler à nouveau la combinaison de cosmonaute. A l’image du film de Alfonso Cuaron sorti l’année dernière, son expédition relève alors de l’aventure époustouflante, quoique investie de considérations philosophiques plus amples que la simple survie pendant quelques heures dans un environnement hautement hostile. Le sort de l’humanité toute entière dépend désormais de la réussite ou bien de l’échec de la quête du héros et de son équipage pour un substitut à notre vieille Terre exténuée. Les détails de ce voyage dans l’espace se distinguent par un certain réalisme scientifique, même si la motivation principale de cette opération d’endurance se situe assez rapidement du côté d’une simple obsession de réunion familiale. Les univers inconnus, atteints comme par miracle mais jamais vraiment colonisés, ponctuent ainsi une course contre la montre que peinent à gagner à la fois les personnages et la narration.

    Pour un film qui paraît s’enorgueillir de son maniement de la notion de temps, la neuvième réalisation de Christopher Nolan gère les près de trois heures qu’elle s’est elle-même imparties d’une façon pas tout à fait convaincante. Au plus tard lorsque la mise en parallèle des enjeux relativise considérablement le joli effet de dépaysement que nous inspire chaque balade prolongée à bord d’un vaisseau spatial – en guise de symbole magistral de l’expérience viscérale du cinéma –, l’intensité du ton risque à plusieurs reprises de s’user dans des urgences répétitives. De même, l’explication finale farfelue constitue un aboutissement plutôt poussif de ce qui n’est au fond que l’histoire d’une famille trop longtemps séparée, en dépit du cadre épique, voire tragique. La disparité des objectifs à atteindre, à savoir la conciliation de la conquête des mondes et d’une simple relation supposément trahie entre un père et sa fille, reflétée par celle entre le vieux professeur et la sienne, révèle un peu trop aisément les limites du réalisateur.

    Toujours aussi ambitieux, ce dernier devra encore attendre avant d’être touché par la grâce filmique, qui lui permettrait peut-être un jour de pondre enfin un chef-d’œuvre à la hauteur d’un 2001 L’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick.

     

    Vu le 3 novembre 2014, à la Salle Warner, en VO

  • 3

Critique de Mulder

  • La famille est l’élément central du nouveau chef d’œuvre et surtout une valeur fondamentale de Christopher Nolan. C’est en famille (avec son frère Jonathan) qu’il a écrit les scénarios des excellents films Le Prestige (2006), The Dark Knight (2008), The Dark Knight Rises (2012) et Interstellar. C’est avec sa famille de comédiens que ce réalisateur aime travailler. Il retrouve ici pour l’occasion Anne Hathaway et Michael Caine et donne des rôles forts à Matthew McConaughey, Jessica Chastain, Wes Bentley  et Casey Affleck. C’est également pour protéger sa famille que le personnage principal Cooper, un ancien pilote d'essai, devenu agriculteur suite à un accident doit de nouveau partir dans l’espace sauver notre planète. C’est enfin toujours avec Hans Zimmer que Christopher Nolan retravaille sur son nouveau film. C’est ainsi  leur cinquième collaboration (Batman Begins (2005), The Dark Knight : Le Chevalier noir (2008), Inception (2010) et The Dark Knight Rises (2012)).
     
    Le projet Interstellar est un projet qui a connu une longue digestion. Amorcé dès mai 2006 par le studio Dreamworks il devait être réalisé par Steven Spielberg sur la base d’un scénario de Jonathan Nolan. Le projet ne se concrétisa pas et fut repris fin 2012 par Christopher Nolan. Le scénario original est alors revu en profondeur en tenant compte des idées apporter par ce réalisateur. Ce projet est alors porté par les studios Paramount et Warner Bros. Afin de garder une certaine dose de réalisme, les frères scénaristes s’appuient sur les travaux du scientifique américain Kip Thorn. C’est également le poème de Dylan Thomas (Do not go gentle into that good night) qui est cité à plusieurs reprises pour motiver les cosmonautes.
     
    La longue durée du film permet au réalisateur de diviser son film en chapitres distincts. Ainsi après nous avoir présenté la vie dans un futur proche et une terre qui se meurt, nous suivons les personnages de Cooper et sa fille découvrir une base secrète du gouvernement américain dont la mission est de permettre à l’espèce humaine de survivre sur une autre planète. Enfin, une dernière et plus longue partie est consacrée à la quête spatiale de cette équipe de cosmonautes composés par Brand (Anne Hathaway), Cooper (Matthew McConaughey), Romilly (David Gyasi), et Doyle (Wes Bentley).
     
    Parmi les sources d’inspiration d’Interstellar deux films apparaissent comme étant importantes. Le film de Stanley Kubrick, 2001 L’Odyssée de l’espace (1968) reste inévitable lorsque l’on traite de vie dans l’espace. De la même manière, il est impossible de ne pas penser à l'Etoffe des héros (1984) surtout par la manière d’agir du personnage  Cooper notamment lors de l’exploration de notre univers utilisant une faille dans l’espace-temps. Même en reposant sur des concepts scientifiques ardus, Interstellar témoigne de la volonté de son réalisateur de nous offrir un film accessible à tous et surtout un voyage inoubliable dans un futur proche et dans un espace accessible.
     
    Interstellar s’apparente ainsi à ses longues fresques des années 80 portés par des comédiens convaincants, un scénario rempli de rebondissements et des effets spéciaux servant l’histoire. Pour cela, ce film est tout simplement un chef d’œuvre de plus du réalisateur Christopher Nolan. On se saurait trop vous conseiller de le découvrir en IMAX.
     
    Vu le 09 novembre 2014 au Gaumont Disney Village, Salle 11, Imax et VO 
  • 5

Critique de Marty

  • Époustouflant ! Fantastique ! Incroyable ! Majestueux (...), tant de superlatifs venant des spectateurs que de la presse, pour le dernier film de Christopher Nolan "Interstellar". Les différents protagonistes de la toile sont rarement aussi dithyrambiques sur un film et c'est donc avec une certaine exaltation que j'ai découvert le nouveau chef d'œuvre annoncé, de Mister Nolan. Un réalisateur exceptionnel qui aime torturer son spectateur avec des scénarii torturés comme "Memento" ou "Inception". Avons-nous réellement besoin de rappeler son rôle dans le renouveau de l'homme chauve-souris ? 

    Il marque son retour avec "Interstellar" dont il est, aussi, le scénariste aux côtés de son frère, comme depuis quelques temps. Un film de science-fiction dans lequel il propose un voyage spatial présentant la planète Terre condamnée par des tempêtes de poussières. Dans le cadre d'une nouvelle conquête spatiale, ayant pour but de trouver une nouvelle planète habitable, la NASA, placardisée depuis la disparition des principales innovations, lance le projet de passer par un trou de verre temporel, pour aller plus loin dans l'espace-temps. 

    Fort de ses expériences précédentes, Nolan construit son film autour d'un casting large Jessica Chastain, Michael Caine, Matt Damon, Casey Affleck, Anne Hathaway, Ellen Burstyn, John Lithgow, Wes Bentley, William Devane et bien sûr, la pièce centrale du film, Matthew McConaughey. Un casting éclectique qui a de quoi faire rêver... Une conférence de presse avec un tel casting... le rêve ! Des oscarisés, des légendes, des stars du petit écran... on en redemande ! 

    Oui, mais voilà... derrière ce joli emballage, le film n'a pas la profondeur abyssale attendue. Certes, Nolan est un réalisateur de génie et ses effets graphiques sont une réelle réussite. En effet, avoir voulu tourner le film sans écran vert et construire une réelle navette spatiale, est une super idée... ça appuie sur la crédibilité de l'action. Certes, la phase finale du film est intéressante sur l'aspect graphique avec cette enchevêtrement de fibres (représentant un élément du film que je ne spoilerais pas) mais ce film qui se veut être novateur, n'offre aucune réelle nouveauté... 

    La Terre est condamnée par l'Homme et celui-ci doit trouver une autre Terre pour aller la coloniser... Combien de fois avons-nous vu des films contenant cette idée-là ? L'Homme n'a pris soin de la Terre et celle-ci se venge en détruisant l'humanité ? Combien de fois avons-nous vu des films contenant cette idée-là ? La conquête de l'espace est le fil conducteur du film et l'équipage du vaisseau campe une nouvelle ère de Noé et son arche. De "Soleil Vert" à "2001 L'odyssée de l'Espace", de "Mission to Mars" à "Solaris", de "L'étoffe des héros" à tant de films... Le film n'offre aucune réelle nouveauté dans l'univers spatial. De plus, si continue dans la critique négative, les protagonistes comme les spectateurs sont perdus dans les discours scientifiques abordés. Que le spectateur soit perdu, admettons... mais le protagoniste récite son texte sans comprendre une miette de celui-ci. Ils semblent, tous et toutes, perdus les uns parmi les autres... Dommage que l'on n'évoque pas les ponts d'Einstein-Rosen (connexions spatio-temporelles), qui par définition scientifiques, sont les trous de verres (référence à "Code Quantum" ou à "Déjà Vu"). On va préciser aussi que trop vite Nolan cible ses protagonistes principaux au détriment des seconds rôles pourtant intéressants. 

    Notons également que l'espèce de twist final n'est en pas un... Je n'irais pas jusqu'à dire que Christopher Nolan n'est pas Bryan Singer ("Usual Suspects") car ça serait faire offense à son "Memento" ou son "Prestige", voire à "Inception". Ce twist est prévisible puisqu'en passant dans le trou de verre, le personnage d'Anne Hathaway annonce qu'une heure passée dans telle dimension équivaut à 07 ans sur Terre... Là encore, rien de nouveau sous le soleil, cette idée de perte de temps est connu des Gagabaliens - fan de Dragon Ball - puisqu'Akira Toriyama, avait déjà mis en place, la salle du temps, reprenant ce principe dans les années 80/90... On s'attend donc à ce relationnel entre Matthew McConaughey et Jessica Chastain... 

    Vous l'aurez compris... Je ne rejoins pas les adorateurs du film. Attention, je ne dis pas que le film est mauvais, je dis qu'il n'apporte rien de nouveau dans un univers déjà bien exploité. Les avis de la presse ou des cinéphiles ; pas tous heureusement ; sont dithyrambiques et je ne rejoins pas la majorité... A l'instar de "Gravity", "Interstellar" n'est qu'un film de plus sur l'espace, les voyages dans le temps, la destruction de la planète et le fait que la civilisation mondiale est en voie de disparition sans oublier la conquête vers l'Espace... Christopher Nolan nous a déjà habitué à bien mieux et j'espère qu'il ne tombera pas dans la facilité en faisant une suite...

    Vu le 10/11/2014 , au Pathé Conflans, en VF

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