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Odyssée (L')

  • Odyssée (L')
    1948. Jacques-Yves Cousteau, sa femme et ses deux fils, vivent au paradis, dans une jolie maison surplombant la mer Méditerranée. Mais Cousteau ne rêve que d’aventure. Grâce à son invention, un scaphandre autonome qui permet de respirer sous l’eau, il a découvert un nouveau monde. Désormais, ce monde, il veut l’explorer. Et pour ça, il est prêt à tout sacrifier.

Critique de Mulder

  • Grace à Anthony Zimmer (2005), Jérome Salle a pu s’imposer comme un réalisateur et scénariste habile et doué pour créer de véritables climats envoutants. Après deux films consacrés à adapter la bande dessinée de Largo Winch de Philippe Francq et Jean Van Hamme Largo Winch et un thriller ambitieux Zulu, L’odyssée est son quatrième film et un biopic inspiré sur Jacques-Yves Cousteau. Pour adapter fidèlement la vie de ce grand aventurier moderne, il fallait suffisamment d’éléments confirmés. C’est le livre Capitaine De La Calypso d'Albert Falco et Yves Paccalet qui a donc servi de base à l’écriture de son scénario avec le support de Laurent Turner. La gestation du projet fut longue et commença à prendre vie dès 2011 et trouver l’inspiration suffisante pour donner vie à un grand film d’aventures se déroulant à travers le monde. C’est en Croatie, Afrique du Sud et Antarctique et dans les Bahamas que les fonds sous-marins sont parfaitement filmés et permettent de mieux comprendre les enjeux financiers, technologiques auxquels le capitaine Cousteau et son équipe ont du se confronter pour réaliser de grands documentaires.

    Dès la première scène on découvre Jacques-Yves Cousteau et l’une de ses inventions (le scaphandre autonome avec l'invention du détendeur) à laquelle il a contribué avec Emile Gagnan. Le film dresse un portrait sensible de ce personnage qui a toujours mis son travail et sa passion avant sa vie familiale. En cela l’histoire contée est également passionnante car ne dresse pas une hagiographie du personnage. On découvre ses nombreuses conquêtes féminines et sa relation particulière avec sa femme et ses deux fils. Par un parfait dosage entre explorations sous-marines et l’étude d’un personnage passionné, l’Odyssée trouve le juste dosage pour donner vie à une grande aventure humaine, un grand film d’aventure. L’autre grande force du film est de vouloir constamment éviter d’avoir recours à des effets spéciaux pour recréer des fonds marins (sauf cas particuliers). Il en ressort une véritable immersion et des images spectaculaires qui renforcent notre adhésion à ce film.

    Pour réussir un tel film, le réalisateur devait non seulement s’appuyer sur un scénario parfaitement ciselé mais surtout un casting somptueux pour conquérir un public difficile et pour lequel le nom de Jacques-Yves Cousteau ne parle pas forcément. Ainsi on retrouve Lambert Wilson pour interpréter de manière concluante le capitaine Jacques-Yves Cousteau et aussi Pierre Niney (Philippe Cousteau) et Audrey Tautou (Simone Melchior Cousteau). Un tel casting sied parfaitement au film et lui donne une réelle noblesse. L’interprétation est forte et renforce notre adhésion à un tel projet. L’odyssée réussit donc la fusion parfaite entre le film d’aventures au sens noble du terme et le biopic respectueux et réaliste.

    Si vous aimez les grandes aventures humaines, L’odyssée s’impose comme le film du mois d’octobre à découvrir en salles et confirme une nouvelle fois que Jérome Salle fait partie des grands réalisateurs français capable de livrer des thrillers et des films d’aventure aussi réussis que les nombreux blockbusters américains qui déferlent sur nos grands écrans et pour la plupart manquant cruellement du regard d’un véritable réalisateur engagé.

    Vu le 4 octobre 2016 à l’Élysée Biarritz en VO

     

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