Logo
Accueil > Reviews > Raid dingue

Raid dingue

  • Raid dingue
    Johanna Pasquali est une fliquette pas comme les autres. Distraite, rêveuse et maladroite, elle est d'un point de vue purement policier sympathique mais totalement nulle. Dotée pourtant de réelles compétences, sa maladresse fait d'elle une menace pour les criminels, le grand public et ses collègues. Assignée à des missions aussi dangereuses que des voitures mal garées ou des vols à l'étalage, elle s'entraîne sans relâche pendant son temps libre pour réaliser son rêve : être la première femme à intégrer le groupe d'élite du RAID. Acceptée au centre de formation du RAID pour des raisons obscures et politiques, elle se retrouve alors dans les pattes de l'agent Eugène Froissard (dit Poissard), le plus misogyne des agents du RAID. Ce duo improbable se voit chargé d'arrêter le redoutable Gang des Léopards, responsable de gros braquages dans les rues de la capitale. Mais avant de pouvoir les arrêter, il faudrait déjà qu"ils parviennent à travailler en binôme sans s'entretuer au cours des entraînements ou des missions de terrain plus rocambolesques les unes que les autres.

Critique de Mulder

  • « J’ai été impression par ces hommes et ces femmes, cette unite d’élite de notre police. Leur abnégation, leur courage et leur sens du dévouement forcent le respect. Mais j’ai aussi découvert que ces gens avaient une réelle conscience de leur rôle et de ses dangers » - Dany Boon

    Le comédien, humoriste, réalisateur, scénariste et producteur Dany Boon ne cesse de nous surprendre de films en films et réussit à s’imposer comme le digne successeur de ces grands comédiens comiques tels que Louis De funès, Bourvil et Coluche. Non seulement, il arrive à renouer à travers ses films avec le grand cinéma populaire mais surtout réussit à brocarder les travers de notre société par une forme d’humour parfaitement maîtrisée.

    En pratiquement onze ans et cinq films (La Maison du bonheur (2006), Bienvenu chez les Ch’tis (2008) (son plus gros succès à ce jour), Rien à déclarer (2011), Supercondriaque (2014)) en comptant celui –ci, il a pu non seulement prouver qu’il avait un talent indéniable pour le comique de situation mais surtout possédait un regard affiné pour déceler les petits travers de notre quotidien. Passionné du cinéma des années 80, son nouveau film est autant un hommage appuyé aux nombreuses comédies d’action américaines qu’aux nombreuses comédies cultes de cette époque. Ce n’est donc pas un hasard si de nombreuses scènes du film nous renvoient non seulement à la filmographie de Jean Paul Belmondo mais aussi à de nombreux buddy movie américains présentant un couple de personnages mal assortis.

    Le duo campé par Dany Boon et Alice Pol trouve ici un écrin luxueux magnifié par un scénario parfaitement troussé alignant de nombreuses scènes d’action que des scènes cocasses et irrésistibles. Dès la première scène l’accent est mis sur le mixte parfait de l’action et de la comédie dans laquelle l’héroïne, Johanna Pasquali (Alice Pol) se rêve en super recrue des forces du RAID. Fille de Jacques Pasquali (Michel Blanc, parfait) ministre de l’intérieur et Edouard Dubarry l’héritier du premier fabricant de pneus européens Edouard Dubarry (Patrick Mille), cette agent de police ne rêve que d’intégrer le RAID mais ses nombreux bévues dûes à sa maladresse font qu’elle est refoulée à plusieurs reprises. Pourtant, son père décidé à ce qu’elle se décide d’elle-même sa propre attirance pour être intégrer dans cette troupe d’élite décide de tirer quelques ficelles pour qu’elle puisse réalise son rêve voir se rendre compte que faire partie d’une telle force peut également être dangereux et difficile. C’est l’agent Froissard (Dany Boon se content ici d’être relayé pour la première fois à un second rôle clé de l’un de ses films) qui est en charge de la phase de sélection de la troupe d’élite du RAID.

    Alors que ses précédents films étaient des comédies efficaces n’ayant pour simple vocation de divertir les spectateurs, RAID Dingue montre une certaine maturité obtenue dans la réalisation de Dany Boon. Celle-ci s’accompagne en même temps d’une focalisation sur un personnage qui n’est pas celui qu’il interprète. La cohésion entre les différentes scènes du film passant de l’action pure à a la comédie pure avec une réelle aisance fait de RAID dingue le meilleur film à ce jour de Dany Boon. Il est clairement impossible de résister à cette fliquette au charme certain aussi maladroit que distraite et rêveur. On se retrouve ainsi avec un personnage rappelant parfaitement le célèbre personnage de fiction créé par André Franquin , Gaston Lagaffe. On pense également aux fameuses comédies avec Pierre Richard en voyant les nombreux incidents causés par cette fliquette.

    Une nouvelle fois le réalisateur Dany Boon a pu s’entourer d’un casting luxueux dans lequel on retrouvera notamment dans les seconds rôles Michel Blanc, Yvan Attal, Sabine Azéma, Patrick Mille, François Levantal et Anne Marivin (déjà présente dans Bienvenu chez les Ch’tis). Les personnages ainsi campés bénéficient d’une réelle épaisseur de trait et permettent de passer un excellent moment de cinéma. On sent réellement la volonté du réalisateur de proposer plus qu’une simple comédie mais surtout un hommage à l’importance des femmes dans notre société et surtout au courage de ces nombreux représentants de la loi œuvrant dans l’ombre la plupart du temps. Loin de proposer une succession de scénettes habilement agencées, RAID dingue réussit à créer un véritable suspense et de proposer des scènes d’une efficacité rédoutable. On tombe ainsi réellement sous le charme de cette belle réussite cinématographique de ce début d’année. On pourrait ainsi voir dans ce film la volonté de Dany Boon d’orienter sa carrière plus vers son métier de réalisateur et de producteur que de simple comédien parmi les plus appréciés du public. Chose certaine, on suivra avec le plus grand des intérêts ses prochains projets.

    Vu le 05 janvier 2017 au Gaumont Opéra Capucines, Salle 2

  • 4.5