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15h17 pour Paris

  • 15h17 pour Paris
    Dans la soirée du 21 août 2015, le monde, sidéré, apprend qu'un attentat a été déjoué à bord du Thalys 9364 à destination de Paris. Une attaque évitée de justesse grâce à trois Américains qui voyageaient en Europe. Le film s'attache à leur parcours et revient sur la série d'événements improbables qui les ont amenés à se retrouver à bord de ce train. Tout au long de cette terrible épreuve, leur amitié est restée inébranlable. Une amitié d'une force inouïe qui leur a permis de sauver la vie des 500 passagers …

Critique de Mulder

  • "Ça n’a pas été un choix conscient de ma part que de raconter des récits héroïques ou de faire des films sur les héros du quotidien. Je me consacre aux histoires qui se présentent et m’intéressent. Certains exploits sont non seulement exceptionnels mais aussi bénéfiques pour la société, et c’est bien de pouvoir raconter ce genre d’histoires" – Clint Eastwood

    Clint Eastwood fait partie des grands comédiens devenus réalisateur afin de pouvoir aborder des films plus personnels ou sur des sujets qui lui tiennent à cœur. De son premier en qualité de réalisateur Un frisson dans la nuit (1971) à celui-ci, ce n’est pas moins de trente-six films que Clint Eastwood a pu réaliser mais également pour certains signer la musique. En abordant différents genres comme le thriller (Le retour de l’inspecteur Harry (1983), La releve (1990), les pleins pouvoirs (1996)), que le western (Pale rider, le cavalier solitaire (1985), Impitoyable (1992), c’est surtout dans les drames (Sur la route de Madison (1995), Mystic river (2003), Gran Turino (2009)..) et les films de guerre (Firefox, l’arme absolue (1985), Le maitre de guerre (1986), American Sniper (2014)) qu’il a pu livrer ses films les plus réussis.

    Malheureusement son nouveau film ne s’imposera pas comme l’un de ses meilleurs faute à un scénario trop terre à terre et à une intrigue certes tirée d’une histoire vraie passionnante mais qui aurait sûrement gagné à être un court ou un moyen métrage qu’un long comme c’est le cas ici. En adaptant le livre écrit par Anthony Sadler, Alek Skarlatos, Spencer Stone et l'auteur Jeffrey E. Stern 15:17 to Paris: The True Story of a Terrorist, a Train, and Three American Heroes, Dorothy Blyskal livre un scenario trop plat et traditionnel. On découvre ainsi ses trois personnages principaux joués à l’âge adulte par les véritables héros du Thalys 9364 à destination de Paris , Spencer Stone, Alek Skarlatos et Antony Sadler. On apprend ainsi à mieux connaitre ces personnages de leur enfance à leur acte d’héroisme qui les imposa comme de véritables héros. Leur histoire méritait en effet d’être adaptée au cinéma mais on se doute qu’un documentaire aurait été un meilleur choix et aurait mieux aidé à comprendre comment Spencer Stone a eu cet acte d’héroisme en réussissant de désarmer un terroriste lourdement armé et lui étant sans aucune arme. Epaulé par ses deux amis et un passager il sauva ce 21 aout 2015 la vie de 500 passagers.

    Etrange concept de redonner aux trois jeunes héros américains le moyen de revivre le moment qui les imposa comme des héros modernes, d’un courage salué mondialement et surtout des figures de la résistance contre ses terroristes capables des pires actes. On comprend aisément qu’un tel sujet allait être un moyen pour le réalisateur de réaffirmer son patriotisme et surtout son soutien à l’armée américaine comme dans certains de ses précédents films. En cherchant constamment le réalisme le film se fourvoie dans de trop longues séquences et ne réussit à recréer parfaitement le climat d’angoisse total que les passagers du Thalys ont vécu. Certes l’attaque du Thalys est reconstruite à la perfection mais le film manque cruellement de rythme malgré sa durée très courte.

    Malgré le fait que le film honore à la perfection l’amitié masculine, l’héroïsme et le patriotisme américain à outrance on aurait plus à penser qu’il s’agit d’une publicité à peine déguisée pour l’armée américaine et pour recruter de jeunes soldats. En cela le film voit sa plus grande partie décernée à l’incorporation de Spencer Stone dans le corps de l’armée et ses nombreux soucis rencontrés. En souhaitant aidé son prochain et avec des soucis de prise en compte de l’espace, il ne pourra pas incorporer le corps de l’ armée qu’il souhaitait et voit donc ses rêves volés en éclat. De la même manière en montrant l’Europe à travers certaines villes comme Venise et Amsterdam, le film ne livre pas une photographie guère reluisante de l’Europe actuelle peu aidée par une photographie maitrisée.

    Nettement habitué à nous livrer de grands films, 15h17 to Paris de Clint Eastwood nous déçoit par son manque d’ambition et sa manière de combler sans réelle idée un acte héroique qui aurait mérité un meilleur traitement. On ne peut donc que vous conseiller d’attendre la sortie vidéo de ce film prévu pour le 14 juin 2018..

    Vu le 16 février 2017 au Gaumont Disney Village, Salle 14, en VF

  • 2.5