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Funan

  • Funan
    La survie et le combat d’une jeune mère, durant la révolution khmère rouge, pour retrouver son fils de 4 ans, arraché aux siens par le régime.

Critique de Mulder

  • Certains films d’animation sont fascinants par leur volonté de transcender un genre et surtout de pouvoir approcher des thématiques contemporaines avec un véritable regard empreint de poésie et d’une véritable force émotionnelle. Funan nous replonge en 1975 dans un Cambodge subissant la dictature des Khmers rouges. Dans ce pays où le danger et la violence sont omniprésents, une jeune femme doit non seulement résister aux différentes tortures dans un camp de prisonniers mais aussi retrouver son enfant qui lui a été arraché. Ce combat d’une femme qui voit peu à peu sa famille également emprisonnée disparaitre mènera un combat non seulement pour survivre mais aussi faire fi des atrocités répandues par les khmers rouges dans un pays où la liberté semble avoir disparu et laisser place à une dictature féroce et sans loi.

    Le réalisateur et co-scénariste Denis Do montre l’importance de fonder un film d’animation non seulement sur un scénario parfaitement maitrisé mais aussi d’amener les spectateurs à ouvrir leur esprit et s’interroger sur ces pays dans lesquels survivre est un combat permanent. Sa mise en scène sert au mieux ce scénario et nous renvoie aux années 70 pendant lesquelles le Cambodge traversait des heures sombres. Derrière le portrait de cette mère de famille, Funan nous raconte aussi l’histoire d’un pays présentant de magnifiques paysages mais victime des pires agissements d’hommes qui imposent leurs volontés.

    On comprend aisément l’importance de cette histoire pour son réalisateur dont l’origine est reliée à celle de sa propre mère. Fasciné par cette histoire et par cette volonté de revenir aux sources d’une animation fluide et éloignée d’une certaine froideur liées à l’animation par ordinateur, le film nous fascine. Certes l’animation n’arrive pas au même niveau que celui des grands studios américains comme Pixar Animation mais elle est parfaitement en phase avec l’histoire contée.

    Finan s’impose aisément comme une réussite totalement non seulement par sa volonté de s’émanciper de l’animation actuelle qui semble plus destinée à un public familial et abordant des sujets actuels en éclipsant une certaines violence propre à choquer un jeune public. Destiné plus à un public de jeunes adultes, Funan montre ce que devrait être un bon film d’animation, c’est-à-dire amener les spectateurs à la réflexion en les divertissant en même temps.

    On appréciera également la volonté d’apporter un grand soin au niveau du casting vocal. On retrouve ainsi dans les deux rôles principaux l’une de nos comédiennes préférées Bérénice Bejo mais aussi Louis Garrel. Alors que les studios américains dominent le cinéma d’animation, Funan s’impose comme une véritable surprise et aussi par ses nombreuses qualités comme l’un des films événements de cette fin d’année.

    Certes la fin nous laisse en suspens mais montre que la vie mérite amplement d’être vécue et que la liberté a toujours un prix que cela soit par certains sacrifices ou une volonté à continuer à se battre au jour le jour. Pour cela nous ne pouvons que vous conseiller de découvrir ce grand film d’animation qui a remporté le Cristal du long métrage au festival international du film d'animation d'Annecy 2018 a été présent ce week-end à Los Angeles au Grauman's Chinese Theatre.

    Vu le 18 octobre en lien presse dans le cadre du festival Animation is Film

     

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