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Mirai, ma petite soeur

  • Mirai, ma petite soeur
    Kun est un petit garçon à l’enfance heureuse jusqu’à l’arrivée de Miraï, sa petite sœur. Jaloux de ce bébé qui monopolise l’attention de ses parents, il se replie peu à peu sur lui-même. Au fond de son jardin, où il se réfugie souvent, se trouve un arbre généalo-ma-gique. Soudain, Kun est propulsé dans un monde fantastique où vont se mêler passé et futur. Il rencontrera tour à tour ses proches à divers âges de leur vie : sa mère petite fille, son arrière grand-père dans sa trépidante jeunesse et sa petite sœur adolescente ! A travers ces aventures, Kun va découvrir sa propre histoire.

Critique de Mulder

  • “Grâce au potentiel illimité de l’animation, je veux repousser les limites du cinéma” – Mamoru Hosoda

    Il est intéressant de connaitre le parcours du grand maitre de l’animation japonais Mamoru Hosoda afin de mieux comprendre en quoi Mirai, ma petite sœur est plus qu’un simple film d’animation mais la consécration de l’un des meilleurs réalisateurs de l’industrie cinématographique de l’animation. En effet après avoir vu sa demande d’intégrer le studio Ghibli refusée et avoir développer son expérience de réalisateur à travers de nombreuses séries d’animation comme Slam dunk , Sailor moon ou Dragon Ball Z pour le studio Toei Animation et une reconnaissance de son talent inné de conteur et de mise en scène et avoir refusé à son tour la demande du studio Ghibili de réaliser Le château ambulant, il s’émancipe de Toei animation et décide de réaliser des films d’animation plus proches de sa sensibilité. Il collabore ainsi avec le studio Madhouse (La traversée du temps (2006) et Summer War (2009) puis créé son propre studio d’animation le studio Chizu avec Y?ichir? Sait? et y réalise des films qui correspondent réellement à son inspiration comme Les Enfants loups, Ame et Yuk (2012) et Le garçon et la bête (2015). Mirai, ma petite sœur marque donc la consécration d’un réalisateur ayant réussi à trouver une réelle liberté artistique et à montrer l’importance du cinéma d’animation au potentiel illimité.

    L’histoire de Mirai, ma petite sœur aussi simple que parfaitement envoutante nous présente Kun, un très jeune enfant qui vit en parfaite harmonie avec ses parents jusqu’à que sa petite sœur naisse et devient le centre d’attention de ses parents. Alors que ses parents ne lui accordent plus la même attention, il préfère se réfugier dans ses rêveries et trouve dans le jardin de la maison où il habite avec ses parents un monde fantastique dans lequel le passé et le futur s’entremêlent et rencontrera ainsi ses proches à différents âges de leur vie.

    Véritable conte fantastique, ôde à la famille, Mirai, ma petite sœur nous immerge totalement dans un univers fantastique dans lequel le jeune Kun va non seulement mieux comprendre son environnement mais aussi être plus à l’écoute de sa petite sœur et s’ouvrir au monde. Par ses nombreuses scènes fantastiques et un passage remarquable dans la gare de Tokyo dans laquelle la magie du cinéma va prendre toute son ampleur.

    Le grand soin porté aussi bien à l’animation qu’au scénario montre à quel point le réalisateur Mamoru Hosoda est un véritable visionnaire et cherche constamment à innover et surtout à ne pas reproduire d’autres films d’animation. Il réussit ainsi à inventer ses propres codes et surtout à donner une véritable ampleur universelle à ses personnages. On passe ainsi aisément du rire aux larmes et on prend conscience que notre temps est compté et que nous devons être autant à l’écoute de notre famille que de notre environnement. Alors que les grands studios américains d’animation semblent monopoliser nos salles de cinéma laissant aussi peu de places aux films d’animation internationaux ou français, ce film mérite non seulement d’être aimé et défendu car la poésie qui s’en dégage ne laissera personne insensible.

    Vu le 18 octobre en lien presse en VO dans le cadre du festival Animation is Film

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