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White Riot

  • White Riot
    Royaume-Uni, fin des années 70, en pleine explosion punk : face à la montée de l’extrême-droite nationaliste et raciste, un groupe de militants choisit la musique comme arme. C’est l’aventure de Rock Against Racism qui, avec The Clash en première ligne, va réconcilier sur des rythmes punk, rock ou reggae les communautés d’un pays en crise.

Critique de Mulder

  • « J’ai commencé à travailler sur White Riot parce que j’étais curieuse de la montée de l’extrême-droite dans les années 70. J’en avais entendu parler, par bribes, par ma famille, confrontée au racisme parce qu’elle est d’origine asiatique. Ignorante de cette histoire récente, j’ai décidé de me lancer dans ce voyage. Je me suis toujours intéressée aux archives musicales et je suis tombée sur la performance des Clash au Carnaval Rock Against Racism. Je ne pouvais pas croire que ce mouvement avait existé à cette époque et que je n’en avais jamais entendu parler. Au milieu de toute cette haine, un mouvement de contre-culture avait vu le jour dans une petite imprimerie de l’Est de Londres. C’était un lieu pour que les jeunes partagent leurs points de vue. Ils croyaient en l’égalité - la musique, le punk, le graphisme étaient leurs armes » - Rubika Shah

    Il y a un peu plus de quarante-deux ans aujourd’hui, le 30 avril 1978, plus de 100.000 personnes marchèrent contre le racisme à Londres, de Trafalgar Square à Victoria Park où un concert avec les plus grands artistes anglais les attendait. Le film White Riot raconte le parcours des activistes de Rock Against Racist, partant d’un fanzine dans leur garage jusqu’à l’organisation de concerts de sensibilisation dans toute l'Angleterre.

    Grâce au club Jokers, nous avons eu la chance de découvrir cet excellent documentaire qui nous permet de nous replonger à la fin des années 70 et voir l’impacte qu’à eu un fanzine britannique sur des milliers de personnes. Alors que les propos en plein concert en aout 1976 d’Eric Clapton ont été jugés pour beaucoup racistes et ont mis le feu aux poudres, certains ont décidé de lutter contre la montée en puissance du racisme, c’est ainsi qu’est né la formation Rock Against Racism dot la réalisatrice Rubika Shah a décidé de mettre en avant dans son premier documentaire après de nombreux courts notamment White Riot : London (2017) qui a servi de point de départ à ce film.

    Que cela soit un fanzine bricolé ou un concert mythique en présence notamment du groupe The Clash ce mouvement a compris qu’il fallait non seulement réagir pour démanteler la xénophobie et le sectarisme mais aussi donner à certains un moyen de s’exprimer librement et se battre contre certaines idées recues. Avant l’apogée d’internet et la diffusion facilité des informations, cette époque se révèle passionnante. Avec peu de moyens, beaucoup d’idées et des personnes importantes les soutenant, Rock Against Racism, a marqué la mémoire des britanniques et moins ceux des autres pays. Ce documentaire sert ainsi comme une véritable piqure de rappel.

    La force de ce film documentaire vient de la jeune réalisatrice Rubika Shah qui a vu dans le mouvement Rock Against Racism des parallèles passionnants entre la musique, la politique, l’intégration et surtout a réussi à montrer que la musique ne connait pas de frontières. Comme fut assemblé artisanalement le fanzine de Rock Against Racism, la mise en scène de White Riot se veut simpliste et permet d’assembler plusieurs images d’archives mais avec un véritable sens du détail et du rythme.

    White Riot montre une nouvelle fois ce que doit être un documentaire, non pas une succession sans fin d’interviews certes intéressantes mais révélé un véritable travail de recherches. En cela la réalisatrice Shah a trouvé une véritable inspiration personnelle à livrer un film documentaire qui sonne vrai et s’en dégage une véritable nostalgie dans laquelle la musique nous unissait tous en oubliant nos couleurs, nos origines et notre appartenance à une classe sociale. Dans cette triste période dûe à la pandémie de coronavirus, ce film nous rappelle le temps où nous pouvions aller à des concerts, être heureux et chanter ensemble des chansons en oubliant nos soucis personnels et professionnels. En cela White Riot s’impose non seulement comme un excellent documentaire mais aussi est un véritable plaidoyer contre le racisme, l’exclusion sociale et pour une liberté d’expression.

    Il en sort une véritable immersion dans une période que nous n’avons pas connu et dans laquelle la musique était encore libre et sans contrainte. Comme le montrent si bien les paroles de certaines chansons de ce documentaire, un véritable message passait libremet. Si vous ne deviez voir qu’un documentaire cet été, aucune hésitation, c’est bien celui-ci

    White Riot
    Un film de Rubika Shah
    Sur un scénario de Ed Biggs et Rubika Shah
    Avec notamment Dennis Bovell, Joe Strummer, Kate Webb, Lucy Whitman, Mykaell Riley, Pauline Black, Poly Styrene, Red Saunders, Roger Huddle, Tom Robinson, Topper Headon
    Produit par Ed Gibbs
    Directeur de la photographie : Susanne Salavati
    Musique : Aisling Brouwer
    Production : Smoking Bear
    Distributeur : The Jokers (France)
    Date de sortie : le 5 août 2020
    Durée : 80mns

    Vu le 16 juillet 2020 au Club de l’Etoile, en VO

  • 5

Critique de Fox

  • «I started working on White Riot because I was curious about the rise of the extreme right in the 1970s. I had heard about it, in bits and pieces, from my family, who were confronted with racism because they were of Asian origin. I was unaware of this recent history and decided to embark on this journey. I've always been interested in music archives and I came across the Clash's performance at the Carnival Rock Against Racism. I couldn't believe that this movement had existed at that time and that I had never heard of it. In the midst of all this hatred, a counter-culture movement had sprung up in a small print shop in East London. It was a place for young people to share their views. They believed in equality - music, punk, graphics were their weapons » - Rubika Shah

    A little over forty-two years ago today, on April 30, 1978, more than 100,000 people marched against racism in London, from Trafalgar Square to Victoria Park where a concert with the greatest English artists awaited them. The film White Riot tells the story of the Rock Against Racist activists' journey, from a fanzine in their garage to the organization of awareness-raising concerts all over England.

    Thanks to Club Jokers, we had the chance to discover this excellent documentary that allows us to go back to the late 70s and see the impact that a British fanzine had on thousands of people. While Eric Clapton's remarks in the middle of a concert in August 1976 were judged by many racists and set fire to the powder keg, some people decided to fight against the rise of racism. This is how the band Rock Against Racism was born, with director Rubika Shah decided to put forward in her first documentary after many shorts including White Riot: London (2017) which served as a starting point for this film.

    Whether it is a fanzine or a mythical concert in the presence of the band The Clash, this movement understood that it was necessary not only to react to dismantle xenophobia and sectarianism but also to give some people a way to express themselves freely and fight against certain received ideas. Before the advent of the internet and the easy dissemination of information, this was an exciting time. With few means, many ideas and important people supporting them, Rock Against Racism, marked the memory of the British and less those of other countries. This documentary thus serves as a real sting of remembrance.

    The strength of this documentary film comes from the young director Rubika Shah, who saw exciting parallels between music, politics, integration and above all the fact that music knows no borders. Like the Rock Against Racism fanzine, White Riot's staging is simplistic and allows for the assembly of several archive images, but with a real sense of detail and rhythm.

    White Riot shows once again what a documentary should be, not an endless succession of interesting interviews, but reveals a real research work. In this, director Shah has found a real personal inspiration to deliver a documentary film that sounds real and emanates a real nostalgia in which the music unites us all while forgetting our colors, origins and belonging to a social class. In this sad period due to the coronavirus pandemic, this film reminds us of the time when we could go to concerts, be happy and sing songs together while forgetting our personal and professional worries. White Riot is not only an excellent documentary, but also a real plea against racism, social exclusion and for freedom of expression.

    The result is a real immersion in a period that we did not know and in which music was still free and unconstrained. As the lyrics of some of the songs in this documentary show so well, a real message was being passed freely. If you were to see only one documentary this summer, no hesitation, it is this one.

    White Riot
    A film by Rubika Shah
    Based on a screenplay by Ed Biggs and Rubika Shah...
    With Dennis Bovell, Joe Strummer, Kate Webb, Lucy Whitman, Mykaell Riley, Pauline Black, Poly Styrene, Red Saunders, Roger Huddle, Tom Robinson, Topper Headon and others.
    Produced by Ed Gibbs
    Cinematography: Susanne Salavati
    Music: Aisling Brouwer
    Production: Smoking Bear
    Distributor: The Jokers (France)
    Release date: August 5, 2020
    Running times: 80mns

    Seen on 16 July 2020 at Club de l'Etoile

  • 5