Banlieue 13

Banlieue 13
Titre original:Banlieue 13
Réalisateur:Pierre Morel
Sortie:Cinéma
Durée:84 minutes
Date:10 novembre 2004
Note:
Paris, 2013. Damien est l'élite de la police. Officier d'une unité spéciale d'intervention, expert en arts martiaux, il est passé maître dans l'art de l'infiltration et sait mener à terme ses opérations par des actions rapides, précises et néanmoins musclées. Et c'est bien la mission la plus extrême de sa carrière qui vient de lui être confiée : une arme de destruction massive a été dérobée par le plus puissant gang de la banlieue. Damien est chargé d'infiltrer dans le secteur pour désamorcer la bombe ou la récupérer.
(Source Allociné)

Critique de Mulder

Pour commencer, je dois avouer que je suis un vrai fan des films de Luc Besson. Avec des titres comme Subway, Nikita, Le grand Bleu, Leon, j’ai pris un certain plaisir à voir des films français par un des plus grand réalisateurs français. Mais il faut bien reconnaître que tous ses films ont comme point commun et point faible de n’avoir jamais un scénario parfaitement maîtrisé ou de trop s’inspirer de films déjà existants. Leon n’est-il pas une libre adaptation de The Killer de John Woo.. En fondant sa société Europacorp, Luc Besson a ainsi décidé d’arrêter d’être derrière la caméra pour produire en grande partie des produits marketing et non pas des films. En tant que produit marketing, Yamakasi, Wasabi, Taxi 2&3&NYC, Michel Vaillant ont tous le même défaut, un scénario soit bancal soit totalement bâclé. La palme revenant à la modification du génial Ong Bak en coupant certaines scènes et en nous mettant une musique de « banlieue ». Pendant, l’avant première, nous avons eu droit à un rap vulgaire et guère inspiré avec des paroles, du genre « je t’emmerde, je t’encule… ». Le vrai rap pour rappeler est un rap fait avec des tripes comme celui de Eminem. Les seules production de Europacorp que j’ai pris plaisir à voir furent uniquement, le baiser mortel du dragon, le transporteur, haute tension et dans la moindre mesure les rivières pourpres 2. Mais revenons à ce film.

Petit rappel, en 1981 John Carpenter réalisait un très grand film avec un tout petit budget du nom de New York 1997 (1981). Dans ce film la ville de New York était devenue une ville prison où il était impossible de s’en échapper. L’idée de départ de Banlieue 13 est donc un véritable plagiat d’un film culte pour beaucoup. Mais le plagiat ne s’arrête pas là, on a même le droit à un remake de la scène de baston entre les deux héros de Invasion Los Angeles (1988) où les deux héros doivent s’affronter pour que la vérité éclate. Enfin les deux personnages principaux nous renvoient au personnage de Snake Plissken de New York 1997 et Los Angeles 2013. Donc, comme je viens de le démontrer le scénario n’est pas du tout le point fort du film. Passons maintenant à la réalisation.

Le réalisateur Pierre Morel signe donc ici son premier film. Il a été remarqué auparavant en tant de directeur de la photographie pour L'Américain (2003) (le pire film francais en 2003) et Le Transporteur (2001) et comme cadreur La Vérité sur Charlie (2001) et L'Art (délicat) de la séduction (2001) (très mauvais film). Le fait de placer un tel réalisateur pour réaliser un petit film d’action fut un challenge certain. Pourtant, la mocheté de certaines scènes nous renvoie au série B voir Z des années 80. Donc encore ici, la réalisation n’est pas faite pour défendre ce film. Au contraire, il serait intéressant de rappeler que sa façon de filmer nous rappelle trop les films avec JC Van Damme, Chuck Norris and co…

Pourtant ce film marque quelques points par la présence de David Belle (Leïto) et de Cyril Rafaeli (Damien). Le premier, on doit le reconnaître n’est certes pas un bon acteur mais par contre, sait réellement se battre et il est très doué. Quant au deuxième, il fut le fondateur des Yamakasi et il maîtrise parfaitement l’espace et contrairement au premier risque de faire carrière dans des rôles autres que des films d’action. Ces deux personnages très sympathiques sont les deux seuls éléments à sauver d’un tel produit marketing. En espérant que contrairement à New York 1997, on aura pas une suite.

Quant à Luc Besson, on a l'impression qu'il veut récuperer à tout prix la génération banlieue dans ses films depuis un certain temps. A force de produire de tels produits, il est en train de couler de plus en plus sa carrière en produisant ce genre de films et en voulant se faire un maximum d'argent.

Donc, si vous avez un pass illimité, vous pouvez aller voir ce film en vous attendant à un film pop-corn sinon, allez plutôt revoir Un long dimanche de fiançailles, qui lui est un vrai film d’auteur et commercial en même temps.

Vu le vendredi 29 octobre à la séance de 19h30 salle 01 au Gaumont de Disney Village

Note de Mulder:

Critique de Tootpadu

Il est simultanément fascinant et répugnant de regarder ces films destinés en priorité à un groupe social précis, dans le cas présent les jeunes (de banlieue).
Fascinant, car cela permet de se plonger dans ce qu'est supposé être, selon les créateurs du film, le vocabulaire esthétique et l'échelle de valeur morale de cette tranche de la population. Une affirmation qui parait encore plus juste en vue de la société de production de celui-ci, derrière laquelle se cache Luc Besson, plus que jamais soumis au culte de la mode et de l'argent. Quant au style de cette oeuvre sans inspiration scénaristique, il est d'une éfficacité redoutable. Après un générique emblématique dans son niveau sonore et sa vitesse inspirée des jeux vidéo, les cascades époustouflantes s'enchaînent sans relâche, entrecoupées de séquences bavardes particulièrement crétines et violentes. Cet excès de violence n'est qu'une des facettes de la construction morale du film qui, en dehors d'un amalgame assez indigeste entre des considérations sexistes et une citation inappropriée de la Shoah, prône en fait des valeurs assez réactionnaires et naïves. Si l'on croit ce film - et grand mal vous en prendrait - la classe politique est pourrie (pas faux) et le maintien du credo républicain repose sur de braves types pas toujours très rapides à comprendre qui ont besoin des petits futés de la banlieue, pourtant restés au coeur pur, afin de ramener la justice partout.
C'est à peu près à partir de ce point de l'interprétation du film que les choses se gâtent. Il devient alors répugnant, parce que la façon dont il présente son sujet suppose que son public ciblé, une fois de plus, adhère sans broncher à son message, caché sous une avalanche d'action et de musique tonitruante. A notre avis, c'est sous-estimer la capacité de recul de ces jeunes justement, même si la réaction de certains individus dans la salle suggère autre chose. Néanmoins, le fait de reconnaître le film en même temps comme un produit spécialement destiné à eux, et les personnages comme leurs semblables, rend probablement les jeunes plus réceptifs à ce qu'il a à exprimer. Il est alors fort dommage de voir repartir le cynisme et l'attachement aux clichés d'un Besson avec le pactole, tandis que des oeuvres plus engagées, comme L'Esquive, par exemple, restent confinés à un public plus confidentiel et moins jeune.

Vu le 21 novembre 2004, au Gaumont Disney Village, Salle 2

Note de Tootpadu: