Wicker Man (The)
Fin avril 1972, le sergent Howie arrive sur l'île reculée de Summerisle, en Ecosse. Il s'y est rendu en hydravion, afin d'enquêter sur la disparition de la jeune Rowan Morrison, signalée par lettre anonyme. La population locale l'accueille fraîchement, en répondant de manière évasive à ses questions. Les premiers éléments que le policier, un catholique pratiquant, recueille ne le rassurent point. Toute l'île semble en effet être vouée à des cultes païens et des rites ancestraux.
Critique de Tootpadu
Parler d'un film maudit lorsqu'on évoque
The Wicker Man, ce serait presque minimiser le parcours de ce film britannique du début des années 1970. Outre les soucis de sa production, qui comprennent un négatif et de nombreuses scènes disparus et probablement un accueil très froid de la part des censeurs anglais, il aura tout de même mis plus de trente ans avant une sortie officielle sur les écrans français. S'il faut garder l'espoir de pouvoir découvrir un jour le remake récent de Neil LaBute avec Nicolas Cage et Ellen Burstyn, à la réputation déplorable, en vue de cette sortie très tardive, la date de cette dernière ne semble pas avoir été choisie par hasard. Comme le film événement de cette semaine (
Apocalypto), celui de Robin Hardy traite également d'une façon peu conventionnelle de rites ancestraux et de sacrifices humains.
Dans un cadre fait de filles partiellement dénudées et de pratiques sexuelles libertines,
The Wicker Man dresse deux croyances diamétralement opposées l'une contre l'autre. Le point commun entre la foi catholique de Howie et les pratiques païens des habitants de l'île est le fanatisme, un état d'esprit borné et intransigeant. De ce point de vue, le comportement des personnages ne se distingue pas tellement, entre le policier qui campe sur sa légitimité et les païens élevés depuis des siècles dans leurs pratiques anciennes.
Dense et prenant, le film accuse cependant un peu son âge. Comme pour son contemporain,
Les Chiens de paille de Sam Peckinpah, la violence et la menace d'une communauté close ont été reprises maintes fois ces trente dernières années, au point de rendre l'action de ces films, révolutionnaires à leur époque, peu exceptionnels de nos jours. Ce qui ne veut pas dire que
The Wicker Man n'est pas un thriller inquiétant, dans la plus pure tradition des années 1970 !
Vu le 15 janvier 2007, au Publicis Cinémas, Salle 1, en VO