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Reviens-moi | Note générale: 3.5
Reviens-moi

Reviens-moi

Angleterre, 1935. La jeune Briony Tallis dispose d'une imagination débordante. Elle s'en sert pour écrire des pièces de théâtre qu'elle fait jouer à ses cousins, mais aussi pour tomber amoureuse, à 13 ans à peine, de Robbie, le fils adulte de la gouvernante. Robbie se sent cependant beaucoup plus proche de Cecilia, la soeur aînée de Briony. Lorsque cette dernière apprend que Robbie et Cecilia vivent le début d'une affaire passionnelle, elle fait tout pour empêcher leur bonheur.
Note générale
3.5
Sortie: 2008-01-09 | Durée: 123 minutes
Réalisateur: Joe Wright
Genre: Drame romantique

Critique de Tootpadu

Joe Wright persiste et signe avec son deuxième film, après le magistral Orgueil & préjugés. Il y tisse une toile complexe et passionnante d'amours imaginaires et contrariées, de culpabilité et de résistance, de remords et d'incapacité de pardon. A partir du scénario excellent de Christopher Hampton, adapté d'un roman d'Ian McEwan, le film nous transporte vers une époque lointaine, déjà amplement évoquée au cinéma, qui garde ici toute son intensité émotionnelle.
Surtout la première partie, qui conte la mise en place de l'événement qui aura des répercussions tragiques, est fascinante dans son économie et sa précision de la narration. Dès le premier plan prémonitoire des animaux en miniature qui quittent la résidence familiale, sur fond de bruits de frappe d'une machine à écrire, le ton est donné. Alors que l'élément sonore réapparaîtra régulièrement, jusqu'à faire partie intégrante de la partition finement ciselée de Dario Marianelli, le récit exploitera le désir de fuite ou d'esquive à la responsabilité tout au long du film. L'élégance de l'expression filmique reste impressionnante jusqu'à l'arrestation de Robbie. Chaque plan et chaque transition délicate renforcent d'un côté le malaise et la frustration de Briony, et de l'autre l'amour naissant entre Cecilia et Robbie. Le ton direct de Wright permet à la sensualité refoulée de coexister pleinement avec les manoeuvres malhonnêtes qui paraissent diriger les rapports sociaux de la haute bourgeoisie de l'Angleterre des années 1930. Enfin, c'est grâce à la campagne ensoleillée que la caméra de Seamus McGarvey trouve ses plans les plus beaux et romantiques.
Il s'opère un changement notable, lors du saut vers la première débâcle anglaise de la Seconde Guerre mondiale. Le charme et l'innocence du début ont été définitivement brisés par la tragédie personnelle et collective. Pendant que la narration se complique davantage et que les effets visuels deviennent légèrement plus gratuits (le long plan-séquence sur la plage), la souffrance d'un amour impossible est ravivée par intermittence. Peut-être cette baisse dans la verve de la mise en scène est-elle due à la nature sombre et déprimante des théâtres de guerre : l'hôpital aux blessés agonisants et l'armée en pleine déroute ? Mais cette froideur plastique gèle en quelque sorte l'impact de l'épilogue, qui confirme tristement la suprématie de la réalité sur la fiction, à moins que ce ne soit l'inverse ...
Parmi la distribution très solide, c'est surtout la jeune Saoirse Ronan qui se démarque positivement. Elle sait transmettre l'esprit tordu de la jeune Briony avec une intensité pour laquelle il manque la détermination au stade adulte, joué par Romola Garai, et le temps au troisième âge, interprété par Vanessa Redgrave. Enfin, même s'ils ne constituent curieusement pas le véritable centre nerveux du film, mais plutôt son coeur émotionnel à travers un bonheur impossible, Keira Knightley et James McAvoy forment un couple resplendissant à l'écran.

Vu le 22 octobre 2007, au Club de l'Etoile, en VO

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