Portes du temps (Les)
Installé depuis quelque temps avec sa famille dans un village anglais, le jeune Will Stanton n'attend rien de Noël, ni de son quatorzième anniversaire la veille. En effet, parmi ses cinq frères aînés et sa soeur cadette, il passe constamment en dernier. Mais des signes et des rencontres étranges se produisent pendant la préparation des fêtes de fin d'année. Will sent grandir en lui des forces et des pouvoirs surhumains. La rencontre avec un cavalier noir menaçant va lui révéler le sens de cette transformation : il est le chercheur d'un groupe de gardiens de la lumière et il doit trouver six signes cachés à travers le temps, sinon les ténèbres vont dominer le monde.
Critique de Tootpadu
Pratiquement chaque élément couronné de succès commercial ces dernières années au cinéma se trouve recyclé sans vergogne dans ce film fantastique bancal. L'univers des
Seigneur des anneaux en premier, avec la quête de signes qui brillent suspicieusement et un cavalier masqué qui chasse le jeune héros à peu près partout où il va. Mais le thème des adolescents investis de pouvoirs magiques, à la Harry Potter, et propulsés dans un univers parallèle, à la Narnia, est également de la partie. Comme si ce dépouillement de tout ce qui marche au box-office n'était pas déjà assez honteux, le film s'essaye même à quelques références maladroites de classiques, comme
Les Oiseaux de Hitchcock et
Citizen Kane (la boule de cristal).
Evidemment, ce genre de relecture de recettes populaires et éprouvées peut déboucher sur des oeuvres jouissives. Hélas, il n'en est rien ici, puisque le scénario inepte et la mise en scène déchaînée sans direction ne savent pas leur donner ne serait-ce qu'un semblant d'unité. Le sens visuel de David L. Cunningham n'est pas complètement à rejeter, puisque ses perspectives vertigineuses recèlent quelques plans d'une beauté superficielle et déplacée au milieu d'une forme aussi décousue. Car la narration est de plus en plus laborieuse, enfoncée encore dans le désordre le plus total par un montage qui fonctionne par associations épileptiques plus que par un mouvement organique.
Enfin, le peu de dignité que les personnages maternels de Frances Conroy et Wendy Crewson tentent d'apporter est balayé sans appel par le cabotinage atroce d'Ian McShane et Christopher Eccleston.
Vu le 2 novembre 2007, au Publicis Cinémas, Salle 2, en VO