Big City
Dans les années 1880, la bourgade de Big City est une petite ville comme des milliers d'autres qui aspirent à la prospérité dans l'ouest américain. Lorsque la caravane de nouveaux immigrants est attaquée par des Indiens, tous les hommes au-dessus de 12 ans courent la défendre. Mais la bataille est acharnée et toutes les femmes de la ville sont obligées de prendre la relève et les armes, laissant derrière elles les enfants et l'imbélice Banjo. Aucun adulte ne revient à Big City le lendemain. Seul le jeune James Wayne a pu se sauver et annonce aux autres enfants la triste nouvelle de la défaite. Il appartient alors aux enfants de faire vivre le village.
Critique de Tootpadu
La prémisse et le matériel promotionnel du film avaient l'air particulièrement ringard. Sans pour autant atteindre le pessimisme d'un
Sa majesté des mouches, ce conte d'enfant traite néanmoins avec un sérieux étonnant du sujet de l'autonomie forcée des gamins. Accessible à la fois aux grands et aux petits spectateurs, ce quatrième film de Djamel Bensalah permet une réflexion aisée sur la vie en communauté et ses implications historiques, de génération en génération, tout en gardant un ton plutôt léger et divertissant.
Le constat majeur du scénario est en effet que, après une brève période d'anarchie joyeuse, les enfants abandonnés copient exactement les schémas comportementaux de leurs parents. Ce conservatisme se manifeste surtout par une résurgence aiguë de fléaux sociaux comme le racisme, sous sa forme la plus crue. Face à la détermination des détenteurs du pouvoir d'assujettir encore plus la ville, l'idéalisme un peu fleure bleue des rares résistants fait pâle figure. Heureusement, le retour de bâton et des parents est loin d'être mielleux. Il permet ainsi de garder le message ludique du film intact.
Big City fonctionne plus comme un conte moral légèrement tendancieux qu'en tant qu'appropriation française du genre américain par excellence, le western. Même s'il est difficile de reprocher quoique ce soit au film d'un point de vue technique, l'apparition de toute une série de tronches d'acteurs typiquement français (Eddy Mitchell en tête) le garde toujours du côté du divertissement indiscutablement plaisant et franchouillard.
Vu le 6 novembre 2007, à la Salle Gaumont - Louis Feuillade