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Tickets | Note générale: 2.5
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Un vieux scientifique, qui est obligé de prendre le train, à cause de la fermeture de l'aéroport pour raisons de sécurité, afin d'arriver à temps pour fêter l'anniversaire de son petit-fils, a un coup de foudre pour l'assistante qui l'a emmené à la gare. Une vieille dame autoritaire malmène son jeune accompagnateur. Trois supporters de Glasgow, qui se rendent à Rome pour assister à un match de foot, découvrent que le vol d'un de leurs billets n'est pas une affaire aussi simple qu'ils ne croyaient.
Note générale
2.5
Sortie: 2007-11-28 | Durée: 109 minutes
Réalisateur: Ermanno Olmi, Abbas Kiarostami, Ken Loach
Genre: Drame ferroviaire

Critique de Tootpadu

Voyager en train ne compte pas parmi nos occupations favorites, loin de là. La monotonie et le manque de confort, les rencontres de circonstance et le temps interminable pour voir passer encore et encore les mêmes personnes, rien que d'y penser nous fait appréhender notre retour obligatoire chez nos parents pour les fêtes. Ces désagréments du trajet ferroviaire sont assez bien cernés dans ce film à épisodes, mais sa fidélité envers la banalité lui enlève pratiquement tout son potentiel passionnant. Même si les différentes parties s'enchaînent avec une certaine fluidité, soutenues par quelques personnages récurrents, Tickets porte la marque indélébile de l'inégalité, qui accable la plupart des productions du genre.
Le début est assez prometteur, avec cette histoire d'un homme âgé, qui s'échappe de l'ambiance paranoïaque dans le wagon de restauration pour s'imaginer une affaire avec une femme plus jeune et charmante qu'il vient de rencontrer. La structure presque onirique avec moult retours en arrière et répétitions de plans traduit d'une manière saisissante le genre d'échappée mentale à laquelle chaque voyageur s'adonne trop volontairement, lorsque l'arrivée paraît encore bien loin. La prise en compte d'une présence et d'une surveillance policières et militaires croissantes attache la chimère sentimentale à une actualité oppressante.
Curieusement, la partie centrale par Abbas Kiarostami est la plus décevante. La nature agaçante du personnage central et les micro-événements embarrassants auxquels elle doit faire face nous inspirent une envie subite de quitter ce train à la prochaine gare. Ni la révélation de la nature du rapport entre la dame et son accompagnateur, ainsi que le but de leur voyage, ni le bavardage avec les filles du village du jeune homme, n'arrivent à nous arracher d'une torpeur déplaisante. Si on se trouvait réellement à bord d'un train, et non pas dans une salle de cinéma, ce serait là le moment où on ne saurait plus sur quelle fesse s'asseoir, vers où regarder, que faire pour ne pas s'ennuyer à mort, alors que le voyage s'éternise.
Le but de ce voyage filmique se rapproche agréablement avec la dernière partie, réalisée par Ken Loach. L'intrigue simple et le ton populiste de l'épisode ne nous enthousiasment guère. Mais ils traitent en des termes sobres du drame humain dans toute sa cruauté et sa complexité morale. Les gestes des trois jeunes adultes écossais relèvent peut-être d'un instinct de survie et de solidarité basique. Mais ils respirent une humanité dont la partie alambiquée d'Ermanno Olmi et celle incroyablement superficielle d'Abbas Kiarostami auraient mieux fait de s'inspirer au moins un peu.

Vu le 6 novembre 2007, au Publicis Cinémas, Salle 2, en VO

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