Suspiria
La jeune Américaine Suzy Bannion se rend en Allemagne pour parfaire son éducation de danseuse dans l'Académie de Fribourg. Arrivée en pleine nuit au cours d'un orage, elle n'est pas admise à l'école. Elle voit cependant s'en échapper une jeune femme, effarée. Le lendemain, lors de son admission, Suzy apprend que cette ancienne élève a été sauvagement assassinée au cours de la nuit. Les incidents étranges et inquiétants se multiplient alors.
Critique de Tootpadu
Les années 1970 étaient le véritable âge d'or du film d'horreur. Avec des réalisateurs comme John Carpenter, David Cronenberg, Brian De Palma et Dario Argento au sommet de leur art, cette période a produit un nombre impressionnant de chefs-d'oeuvre du genre. Ce que nous vivons ces dernières années n'est, en comparaison, qu'une renaissance timide. Il y a certes actuellement l'influence asiatique en plus, mais sa récupération commerciale à Hollywood ne donne guère de l'espoir pour que ce style particulier s'impose.
Aucun film récent ne procure en effet une immersion aussi totale dans le délire horrifique d'un réalisateur que
Suspiria. Dario Argento ne fait pas dans la dentelle pour créer un spectacle complet : violent, démesuré, baroque, éprouvant et enivrant en même temps. Son excès formel fonctionne néanmoins à merveille, tellement il opère une stylisation artistique outrancière. Personne ne manie la palette des couleurs avec autant de brio téméraire que lui. Et personne, à l'exception de Carpenter, ne travaille autant sur la bande son, qui fait naître à elle seule l'horreur.
L'histoire abracadabrante de sorcières et les grands gestes théâtraux des acteurs se soumettent ainsi docilement au projet artistique du réalisateur. L'orgie de couleurs, le rouge en premier, crée un espace filmique en quelque sorte magique, de cette magie détournée qui revêt la perfidie et la peur la plus grotesque d'une forme tellement belle et abstraite qu'elle les sublime au plus haut point.
Vu le 23 novembre 2007, au Publicis Cinémas, Salle 1, en VO