Vous êtes de la police ?
L'inspecteur de police à la retraite Simon Sablonnet supporte mal d'être envoyé par sa fille à la pension Les Aravelles. En chaise roulante depuis un certain temps, il est admis à l'étage des semi-valides, où il doit supporter la compagnie d'autres pensionnaires en état de sénilité avancée et le traitement infantilisant des infirmières. Il fait la connaissance d'Alfred Lamproie, l'ancien directeur de l'établissement, qui y réside désormais, et qui fait bénificer Sablonnet de ses privilèges. Mais une mort suspecte réveille l'instinct d'investigation chez Sablonnet, qui mène sa propre enquête.
Critique de Tootpadu
La rencontre entre le nouveau et l'ancien est des plus plaisantes, dans ce premier film d'un jeune réalisateur, qui représente également la dernière apparition à l'écran de deux monstres sacrés du cinéma français : Jean-Pierre Cassel et Jean-Claude Brialy. Nullement réceptif aux idées reçues sur les personnes du troisième âge, Romuald Beugnon nous a ainsi concocté une petite comédie très sympathique, qui tire le meilleur profit du cadre généralement sinistre de la maison de retraite.
L'esprit combatif du personnage principal et l'intrigue policière qui garde son suspense et sa saveur jusqu'à la fin, garantissent un regard point préconçu sur l'univers clos de la pension. La décrépitude mentale et physique des personnages y sert plutôt de ressort dramatique ou de source d'un humour gentille, mais pas fade, qui ne tombe jamais dans la moquerie de gâteux. Au contraire, les petits vieux du film, ou au moins ceux qui ne végètent pas encore, nous réservent quelques surprises et une volonté d'action, sexuelle ou criminelle, qui dément leurs limitations physiques croissantes.
Dans ce chant de cygne parfaitement honorable, Cassel et Brialy brillent une fois de plus à travers leur intensité et leur flamboyance respectives. Les seconds rôles s'avèrent cependant au moins tout aussi savoureux, avec une galerie de personnages joyeusement atypiques. Et la mise en scène étonnamment maîtrisée pour un premier long-métrage, mène son récit pittoresque sans excès, ni prétention inutile.
Vu le 3 décembre 2007, au Club Marbeuf