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Homme qui marche (L') | Note générale: 3
Homme qui marche (L')

Homme qui marche (L')

Viktor Atemian, un immigré russe, connaît un petit succès littéraire à Paris, où son premier recueil d'écrits est publié au début des années 1970. Cet homme émacié et ténébreux, au visage d'oiseau de proie, vend alors son appartement et s'installe à l'hôtel pour suivre exclusivement sa passion d'écrivain. Mais ses textes suivants ne trouvent plus un accueil aussi favorable, et la précarité guette de plus en plus, année après année.
Note générale
3
Sortie: 2008-01-09 | Durée: 83 minutes
Réalisateur: Aurélia Georges
Genre: Drame urbain

Critique de Tootpadu

Le personnage principal de ce premier film triste et beau, nous le connaissons. Pas l'écrivain Vladimir Slepian, de la vie duquel l'intrigue est vaguement inspirée, mais ce genre d'hommes pudiques et sans concession pour leur art, que l'on voit souvent à Paris. Ils peuplent les couloirs des universités et les salles des restaurants universitaires, surtout à Bullier le week-end, des hommes seuls, qui remplissent leur isolation sociale par la connaissance accrue sur un domaine scientifique ou culturel ou par des discours politiques nébuleux. L'histoire de cet homme en marge de la société, elle pourrait peut-être aussi un jour être la nôtre, ce qui nous inquiète autant qu'il rend l'impact émotionnel infiniment plus personnel.
Le caractère inéluctable du destin de cet homme, qui est resté pur dans son désir d'indépendance mentale, mais qui s'engouffre en même temps dans une spirale de précarité et de mendicité larvée de plus en plus accablante, Aurélia Georges a trouvé des images très belles, mais point condescendantes, pour l'évoquer. Dans un respect total pour son personnage, elle lui a préservé une certaine aura mystérieuse, qui maintient un minimum de noblesse dans cette dégringolade sociale déprimante. L'équilibre délicat, mais réussi, entre les rares moments de convivialité et de rencontres prometteuses, qui restent toujours sans suite palpable, et les stations du calvaire d'un artiste mal intégré, donnent un cachet narratif indéniable au film. Et puis, malgré des restrictions budgétaires manifestes, la réalisatrice arrive à évoquer une ville de Paris aussi familière, qu'inquiétante.
Enfin, César Sarachu est simplement magnifique dans le rôle d'un homme trop discret. Il y sait traduire d'une façon tout à fait bouleversante, l'obsession littéraire autant que le besoin de rester à distance de son entourage et de se réinventer pour occulter les culs-de-sac de la vie !

Vu le 4 décembre 2007, au Club Marbeuf

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Note de florent : 5 (le 2007-12-13 à 15:08)
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