30 jours de nuit
Dans la petite ville de Barrow, en Alaska, la ville la plus au nord des Etats-Unis, les habitants se préparent à vivre comme chaque année un mois d'obscurité hivernale. Dans cette fébrilité avant la coupure des chemins d'accès à la ville, le jeune shérif Eben Oleson note plusieurs actes étranges de vandalisme : des téléphones portables brûlés, des chiens de traîneau massacrés. Lorsque la nuit tombe, ceux qui sont restés doivent faire face à une menace terrifiante.
Critique de Tootpadu
En seulement deux films, David Slade s'est imposé désormais comme un metteur en scène très doué pour faire monter la tension jusqu'à un point d'excitation intense. Déjà dans
Hard Candy, le jeu du chat et de la souris manquait peut-être de crédibilité. Mais Slade tenait les rênes de la narration avec une telle adresse et une telle force de persuasion directive, que les multiples revirements de l'histoire devenaient fascinants en dépit de leurs lacunes logiques.
La même chose se passe en quelque sorte dans ce film de vampire somme toute assez conventionnel, mais très efficace. Le scénario suit un peu trop docilement la progression classique du genre (menace / massacre / riposte) et comme dans la plupart des films d'horreur, la tension est toujours plus forte tant qu'on ne peut pas mettre d'image sur la force maléfique. Toutefois, grâce à la mise en scène musclée de David Slade, le récit progresse puissamment et sans trop d'encombres à travers les sauts temporels pas toujours très logiques.
Quant à la fin, là aussi
30 jours de nuit reste un exemple parfait du film d'horreur très solide et effrayant, mais finalement pas assez courageux pour dynamiter réellement les limites du genre. Mieux vaut alors se délecter des sursauts de la première partie et de sa narration menée avec une précision très appréciable, que d'attendre autre chose qu'une conclusion à peine adéquate pour cette histoire parfois dépourvue de logique.
Vu le 10 décembre 2007, au Club Marbeuf, en VO
Critique de Mulder
Tout d’abord, je tiens à remercier personnellement l’agence de presse de François Hassan Guerrar pour l’excellent accueil que j’ai reçu ce mercredi pour assister à la projection de presse de
30 jours de nuit.
Après Hard Candy, réalisé l’année dernière, qui fut une vraie réussite et la naissance d’un réalisateur à suivre de près, nous avons assisté avec ce deuxième film à sa consécration. Au vu de 30 jours de nuit, nous rentrons dans des terres que John Carpenter a marquées jadis de son empreinte. En voyant ce film, nous pensons instantanément à The Thing de Carpenter, donc, et aussi à Blade 2. La fin du film est calquée sur celle de ce dernier, mais en inversant les rôles.
30 jours de nuit est l'adaptation réussie du comics « 30 Jours de nuit » de Steve Niles et Ben Templesmith. Dans ce film, en Alaska de nos jours, au cœur de l'hiver, les habitants de la paisible ville de Barrow s'apprêtent à passer un mois sans soleil. A la suite d'une série d'évènements étranges, Eben (Josh Hartnett) et Stella (Melissa George), les deux shérifs locaux, vont découvrir l'invraisemblable vérité. Un gang de vampires a investi la ville pour l'éradiquer de tous ses habitants. Josh Harnett s’impose ici une fois de plus comme un bon acteur et Melissa George crève réellement l’écran par sa présence sensuelle et inspirée.
On pourra cependant reprocher - et c’est le seul bémol du film -, que l’action démarre trop lentement. Il faut bien compter une quinzaine de minutes avant que l’action décolle réellement et nous laisse sans répit jusqu’au final mémorable, et le fait que nous ne savons pas d’où viennent ces vampires et pour quelle raison ils ont attendu jusqu’à maintenant pour agir.
Reste que ce film s’impose d’emblée comme une vraie réussite, un vrai film d’horreur digne d’un John Carpenter de la grande époque !
Vu le 19 décembre 2007, au Club Marbeuf, en VO