California Dreamin'
Au printemps 1999, le capitaine Jones et ses hommes sont envoyés en Roumanie pour surveiller le transfert à bord d'un train d'équipements sensibles, qui sont attendus au Kosovo pour y accélérer la fin de la guerre. Le convoi est autorisé par le gouvernement roumain, mais lorsqu'il arrive en gare de Capalnita, un petit village paumé au milieu de la campagne, le chef de gare borné Doiaru ne veut pas le laisser passer, faute de documents officiels. Alors que Doiaru, le chef mafieux de la région, suit son propre agenda, le maire et les autres habitants cherchent également à tirer profit de la présence inopinée d'Américains dans leur village.
Critique de Tootpadu
Cristian Nemescu, le jeune réalisateur dont ceci fut le premier long-métrage, est mort dans un accident de voiture, alors qu'il était en train de monter son film. Par respect pour son travail et sa vision de l'histoire, les producteurs ont décidé de sortir le film tel quel, en quelque sorte comme le testament d'un travail tragiquement interrompu. Aussi louable et noble cette démarche soit-elle, elle nous laisse néanmoins face à un film dont les lacunes auraient mérité un autre coup de ciseau numérique sur le banc de montage, afin de rendre le récit plus dynamique et moins un fourre-tout avec quelques promesses en manque de précision.
Puisque nous comprenons notre rôle de critique comme une forme d'analyse subjective de ce qui se voit à l'écran, et non pas de ce qui aurait pu ou dû y apparaître, nous arrivons tout juste à apprécier
California Dreamin' comme un travail en cours, une ébauche préliminaire, qui est cependant déjà assez avancée pour se douter ce qu'aurait pu être le film si le destin n'avait pas fauché Nemescu précocement.
Dans ce choc des cultures plutôt folklorique, quelques scènes ont retenu ainsi notre attention. Surtout lors des tentatives de communication, pas si innocentes que cela, entre les Roumains et les Américains, un véritable regard ironique se profile. Mais dans d'autres circonstances, ce ton mélancolique manque de finesse, comme lorsque l'action laisse entendre que les Américains ne sont bons qu'à inciter à la révolution, mais qu'ils n'assument pas leurs responsabilités lorsqu'il s'agit de prêter main forte à leurs alliés clandestins. De même, l'épilogue s'avère n'être qu'un commentaire peu clair sur le passage du temps, et toute la partie en noir et blanc qui revient sur l'enfance d'un des personnages clefs casse trop abruptement le flux narratif à plusieurs reprises.
Sensiblement trop long et trop éparpillé dans ses propos,
California Dreamin' aurait peut-être été un témoignage plus satisfaisant sur le travail de Cristian Nemescu, si le montage avait été achevé selon ses intentions et ses directives, à condition bien sûr qu'elles aient existé.
Vu le 13 décembre 2007, au Planet Hollywood Champs-Elysées, en VO