Filatures
A Hong Kong, une jeune femme, au nom de code "Piggy", intègre l'unité de surveillance et de filature du capitaine Huang. La première affaire à laquelle elle est associée consiste à retrouver les membres d'un gang de braqueurs, qui s'attaquent aux bijouteries du quartier de Kowloon. Alors que les différents membres du groupe sont assez rapidement dénichés, grâce aux méthodes sophistiquées de l'unité de police, l'homme à sa tête se dérobe avec aisance à travers les mailles du filet de surveillance tissé par Piggy et ses collègues.
Critique de Tootpadu
Jusqu'à présent le scénariste attitré de Johnnie To, Yau Nai Hoi passe derrière la caméra avec un film parfaitement fidèle à l'univers de son mentor. Dans la lignée de
PTU et
Breaking News, ce polar efficace s'efforce avant tout d'appuyer l'aspect factuel de son intrigue fictive. Chaque étape de la traque des malfrats s'articule ainsi autour des méthodes de travail de l'unité spécialisée.
Cette double ambition, de tourner un film de genre haletant tout en donnant un aperçu des capacités en termes de surveillance de la police de Hong Kong, s'épanouit remarquablement bien à travers les stades successifs de l'enquête. Le rythme soutenu de la narration n'accorde aucun temps mort au récit. Il fournit suffisamment d'éléments techniques pour permettre au spectateur d'imaginer les prouesses des forces de l'ordre, par le biais d'ellipses narratives savamment employées. La mise en scène ne se sert par contre pas de cette profusion des moyens de filature pour détourner chacun d'entre eux, afin d'en faire des dispositifs filmiques voyants. Quelques plans de caméras de surveillance constituent la seule intrusion de gadgets visuels dans le rythme dynamique de la narration.
Formellement plutôt accompli,
Filatures laisse déjà plus dubitatif quant à la morale qu'il dégage. Le parti pris de proposer une image performante et majoritairement couronnée de succès de la police y participe autant que la façon trop calculée et tributaire du destin de se débarrasser, ou pas, de quelques participants de l'intrigue.
Vu le 13 décembre 2007, au Club Marbeuf, en VO