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Je suis une légende | Note générale: 3
Je suis une légende

Je suis une légende

En 2009, le docteur Alice Krippin a trouvé le remède miracle pour vaincre le cancer, en modifiant génétiquement le virus de la rougeole. Trois ans plus tard, cette mutation a éradiqué pratiquement l'humanité entière. Seul le colonel Robert Neville a survécu à New York, où il est resté, en compagnie de son berger allemand Sam, pour trouver l'antidote contre ce fléau.
Note générale
3
Sortie: 2007-12-19 | Durée: 101 minutes
Réalisateur: Francis Lawrence
Genre: Science-fiction

Critique de Tootpadu

Être le dernier homme sur terre, pouvoir profiter de toutes les facilités techniques de notre civilisation sans avoir quelqu'un avec qui les partager, ce film exprime cette vision apocalyptique avec un sérieux très appréciable. La première apparition du personnage de Will Smith traduit parfaitement cette incongruité existentielle, lorsqu'il trace à toute vitesse à travers les rues désertes de New York, à bord d'un bolide surpuissant. Le contraste entre la désolation d'une société apparemment exterminée et un individu solitaire et paré à la moindre éventualité malencontreuse est ainsi au centre de cette histoire, dont la noirceur ne se dément que lors de la conclusion trop poussive.
Le quotidien chronométré jusqu'au moindre détail de Robert Neville apparaît ainsi comme une façade finalement peu solide, derrière laquelle la désolation émotionnelle et un ennemi féroce le menacent constamment. La lutte pour la survie et pour un peu de confort matériel dans un monde hostile et plein de contraintes, sans oublier la mission illusoire de trouver l'antidote contre une épidémie impitoyable, est profondément empreinte d'une vanité qui étouffe tout espoir. La perte du lien social, remplacé artificiellement par un monologue avec le compagnon canin, se manifeste alors comme la perte la plus pénible, subie à cause de la catastrophe. Les capacités physiques, régulièrement mis en valeur par le jeu de muscles séduisant de Will Smith, et scientifiques du protagoniste agissent ainsi comme la contradiction absurde, et logiquement impuissante, d'un monde en pleine déroute. Que le courage de Neville n'aura finalement pas été en vain est, dans ce contexte, la seule lâcheté scénaristique dans un récit autrement très solide.
La narration de Francis Lawrence distille en effet exactement la quantité d'informations requise pour nous garder constamment interpellés par son histoire futuriste. La découverte de la nouvelle donne d'un monde aux dangers multiples se déroule selon les règles de l'art, en termes de tension et d'ignorance du spectateur savamment orchestrées. De même, les rares retours en arrière nous permettent d'apercevoir de façon fugace la vie antérieure de Neville. La structure narrative, qui révèle uniquement vers la fin l'échelle globale du désastre, garantit ainsi un rythme ténu et parfaitement divertissant.
Toutefois, un aspect de ce blockbuster exemplaire n'a pas manqué de nous décevoir. Tandis que les décors en majorité réels de la métropole désertée sont des plus impressionnants, l'animation numérique de certaines bêtes et autres créatures de l'ombre est particulièrement laide. Le sérieux de la mise en scène à établir une tension palpable, comme lors de la chasse de la biche à l'intérieur ou de l'attaque finale, est malheureusement fortement atténué par ces effets spéciaux très loin de faire illusion.

Vu le 1er janvier 2008, au MK2 Bibliothèque, Salle A, en VO

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