Promets-moi
Le jeune Tsane mène une vie heureuse avec son grand-père, un bricoleur malicieux, et sa maîtresse, la voluptueuse Bossa, dans un petit village au fin fond des montagnes serbes. Mais lorsque les autorités ferment l'école faute d'élèves et que le grand-père sent la mort approcher, il est temps pour Tsane de partir en ville. Il a pour mission d'y vendre la vache Cvetka, d'acheter une icône et un souvenir, et de se trouver une épouse.
Critique de Tootpadu
Et si Emir Kusturica n'était le réalisateur que d'un seul et même film ? Cet emblème d'un certain cinéma européen, récompensé sans arrêt dans tous les festivals prestigieux, reste pratiquement sans exception tributaire d'un univers aux tendances folkloriques outrancières. Si ce n'était pour son excellent
Arizona Dream, Kusturica ne serait jamais sorti, artistiquement parlant, de son carcan populiste serbe, dont il a fait son fond de commerce de plus en plus répétitif.
Rien de neuf donc dans son nouveau film, qui tire un humour absurde, voire grotesque, mais guère amusant, d'une galerie de personnages en marge de la société. Leur non-conformisme bascule par contre immédiatement dans la folie pittoresque et au mauvais goût prononcé, au point de ne plus sortir d'une agitation nerveuse et agaçante, que l'on pourrait considérer comme l'équivalent serbe de la niaiserie du théâtre de boulevard français. Des gangsters zoophiles et un super-héros volant en cape bleue ne sont que les manifestations les plus aberrantes de cet univers à l'humour bien particulier.
Le trait épais de la mise en scène de Kusturica ne se soucie ainsi guère d'une logique quelconque de ton, tant que le spectacle continue de manière aussi débridée que superficielle. Les blagues vulgaires, comme les castrations en série, prennent la relève point reluisante d'un scénario en roue libre, au prétexte artificiel et aux revirements burlesques aux grosses ficelles bien grasses.
Vu le 7 janvier 2008, à l'Elysées Biarritz, en VO