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Andalucia | Note générale: 3
Andalucia

Andalucia

Yacine n'aime pas les attaches. Il vit dans une caravane près d'un cirque et il gagne sa vie, tant bien que mal, avec de petits boulots pour les services sociaux de la ville. Il a quitté sa famille et sa cité de la banlieue parisienne pour vivre autrement. Et en même temps, Yacine cherche quelque chose, sans vraiment savoir quoi.
Note générale
3
Sortie: 2008-03-05 | Durée: 94 minutes
Réalisateur: Alain Gomis
Genre: Drame

Critique de Tootpadu

Le personnage principal du deuxième long-métrage d'Alain Gomis évolue en marge de la société. Il se tient à l'écart des obligations d'une vie ordonnée, afin de mieux prendre une posture d'observateur, de solitaire qui fait figure de corps étranger, et dans le monde de la misère matérielle des SDFs, et dans celui de ses origines de fils d'immigrés marocains qui se sont tués au travail. Son statut d'électron libre l'apparente en quelque sorte au personnage principal de L'Homme qui marche, en moins discret et renfermé.
Car même sans but précis dans sa vie, Yacine arrive à la croquer à pleines dents. Sauf que ces sensations sont éphémères, comme les femmes qui ne font que passer dans sa petite caravane modeste, ou bien étranges, comme la visite chez la femme-modèle, qu'il suivait depuis longtemps, en présence du mari de celle-ci. Yacine nous est présenté comme un homme plein de contradictions et de frustrations, qui ne sait pas où il va, mais qui y court pourtant à toute vitesse. Est-ce qu'il court pour s'enfuir de son existence sans statut social fixe ou, plutôt, se laisse-t-il porter par le vent ou par une foule de filles pubères, vers sa prochaine destination ?
La caméra d'Alain Gomis laisse le champ libre au tempérament imprévisible de son protagoniste. Son scénario avance de façon instinctive, sans enchaînement logique ou directif. Cette liberté de ton s'achève sur une proposition métaphysique assez étonnante. Alors que l'arrivée à Tolédo a tout d'une mauvaise idée de pub, cette visite prend vite une allure plus spirituelle, jusqu'à la lévitation finale. Le parcours de Yacine ne nous apparaît pas plus clairement alors, mais c'est au moins un point final poétique et plutôt positif à une vie marginale, dont l'absence d'attaches est également la malédiction.
Enfin, après une légion de seconds rôles plus ou moins ingrats et typés, Samir Guesmi arrive à briller enfin, grâce à ce personnage hors du commun. Par sa présence physique de grand gringalet, avec ses yeux expressifs et son nez sorti directement d'un tableau d'El Greco, il habite son rôle avec une intensité et une complexité qui nous donnent l'espoir de le voir plus souvent dans des films et des emplois substantiels.

Vu le 21 janvier 2008, au Club Marbeuf

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