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Coupable | Note générale: 3
Coupable

Coupable

Le riche industriel Paul Kaplan est retrouvé mort un dimanche matin, un couteau de cuisine planté dans le dos. Les deux suspects sont son épouse Blanche, une femme pieuse et frustrée, et Marguerite, la cuisinière du couple, qui vit encore chez ses parents à 34 ans et qui n'a pas cessé de rêver du prince charmant. Alors que l'inspecteur Louis Berger mène l'enquête et tombe sous le charme peu conventionnel de Marguerite, Mme Kaplan se fait représenter par Lucien Lambert, un jeune avocat spécialisé dans les cas de divorce, qui flaire dans cette affaire l'occasion rêvée de se faire un nom.
Note générale
3
Sortie: 2008-02-27 | Durée: 107 minutes
Réalisateur: Laetitia Masson
Genre: Policier

Critique de Tootpadu

La culpabilité en termes juridiques n'est que l'écran de fumée, derrière lequel se passe une tourmente émotionnelle bien plus complexe, dans ce sixième long-métrage de Laetitia Masson. La recherche de la meurtière du corps n'y sert que de prétexte pour une enquête clairement plus poussée sur la mort des sentiments. Tous les personnages se trouvent comme dans un combat émotionnel désespéré, tel un dernier sursaut du coeur, avant de sombrer dans l'abrutissement sentimental le plus complet.
Cette dernière étape avant la résignation existentielle prend des formes diverses. Il y a bien sûr le personnage principal, une princesse névrosée aux idées et espoirs radicaux et invariablement déçus. Et comme son pendant encore plus éloigné de la réalité des choses : sa patronne, une fleure fanée qui se réfugie dans des délires religieux. Mais la démarche des personnages annexes, qui gravitent autour de ce meurtre passionnel en tant qu'observateurs intrigués, s'avère encore plus tordue et peu orthodoxe. L'avocat dispose, d'une certaine manière, de tout ce dont rêve Marguerite, mais il n'est pas plus comblé pour autant. Et le policier, la présence observatrice quasiment onirique de chaque événement, mène également un jeu, qui ne répond pas exclusivement aux exigences policières.
La mise en scène stylisée de Laetitia Masson participe pour beaucoup au ton irréel du film. A partir d'un décor et d'une intrigue plutôt communs, elle a élaboré une forme qui traduit parfaitement la présence des personnages, hantés par des chimères abstraites. Cependant, la maîtrise de la longue séquence d'introduction, qui dure plus d'un quart d'heure avant que le générique n'apparaisse, se perd partiellement vers la fin, lorsque les montages répétitifs et les sauts dans le temps embrouillent légèrement le récit.
Enfin, la réalisatrice est toujours aussi bonne directrice d'acteurs. Que ce soient les apparitions courtes de Camille de Sablet ou du trop rare Yasmine Belmadi, ou les compositions imprévisibles de Hélène Fillières et de Jérémie Renier, l'interprétation du film est pratiquement sans faille.

Vu le 28 janvier 2008, au Club Marbeuf

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