Cahier (Le)
En Afghanistan, la petite Baktay, 6 ans, vit avec sa mère et son frère cadet dans une des grottes, sous les anciennes statues géantes de Bouddhas détruites par les talibans. Interpellée par son voisin Abbas qui récite l'alphabet, Baktay rêve de pouvoir aller à l'école elle aussi. Mais il lui faudra un cahier et un crayon avant d'y être admise. Puisqu'elle ne retrouve plus sa mère, qui était partie chercher de l'eau à la source, la petite fille tente de se débrouiller toute seule.
Critique de Tootpadu
Le premier film de la nouvelle recrue du clan des Makhmalbaf commence avec un coup de tonnerre. Les prises d'archives de l'explosion des statues de Bouddhas dans les montagnes afghanes en disent plus long sur la violence aveugle des talibans et ses séquelles visibles et invisibles que tout ce que la fille de Mohsen et la soeur de Samira a pu imaginer de fictif par la suite.
L'intrigue est en effet des plus minimalistes, avec deux grands volets : la quête d'argent pour acheter un cahier et la séquestration par les garçons qui jouent à la guerre. Les symboles vont bon train dans les deux péripéties rudimentaires, mais ce qui agace surtout, c'est la forme en roue libre. Depuis le
Demi-tarif d'Isild Le Besco, nous n'avons en effet pas vu d'enfants aussi négligés d'un point de vue cinématographique. La réalisatrice laisse largement libre cours aux actes et paroles de ses acteurs-enfants, ce qui permet au récit de tourner en rond de façon répétitive.
Alors que les références néo-réalistes sont trop appuyées dans la première partie du film, la dimension à la fois ludique et critique de la deuxième partie n'avait nullement besoin d'être présentée avec tant d'insistance. La mise en abîme du jeu des enfants, marqués psychologiquement par une existence vécue exclusivement en temps de guerre, peut encore paraître astucieuse au début. Mais elle est répétée bien trop longtemps pour ne pas ennuyer avant la conclusion, elle aussi plombée par des symboles lourds.
Vu le 4 février 2008, au Club de l'Etoile, en VO