Jumper
Même à quinze ans, dix ans après que sa mère l'a abandonné auprès de son père souvent absent, David Rice souffre encore de cette rupture. Il a par conséquent du mal à aborder Millie, sa camarade de classe dont il est amoureux depuis longtemps. Lors d'une altercation avec un rival, David découvre qu'il dispose d'un don qui changera toute sa vie : il peut se téléporter n'importe où sur Terre. Sans plus réfléchir, l'adolescent quitte sa vie morne en province, pour s'installer à New York, où les coffres des banques lui fournissent une source inépuisable de revenus. David profite désormais pleinement de son don, pour s'amuser aux quatre coins branchés de la planète. La rencontre avec Roland, qui est non seulement au courant de ses capacités inhumaines, mais qui tente également de le tuer, oblige David de se poser vite des questions sérieuses sur ses facilités de déplacement très avantageuses.
Critique de Tootpadu
Quand les contraintes de l'espace sont abolies, tout devient possible. Malheureusement, le scénario de cette première grosse production hollywoodienne de l'année se sert un peu trop mollement de sa carte blanche, en termes de déplacement sans chaînes.
Pendant un temps considérable, il ne se soucie même pas de l'élaboration d'une intrigue suivie, au profit de l'exploration approfondie des capacités de son héros. Dès que les astuces les plus enjouées de la téléportation ont été traitées en long et en large, l'affrontement peut commencer.
Sauf que la donne de ce combat entre le bien et le mal relève d'un mysticisme très plat, là où les possibilités scénaristiques pour décliner les sauts dans l'espace auraient pu être phénoménales. Bien avant l'entretien final, qui n'a aucune autre raison d'être que de préparer le terrain pour une suite éventuelle, l'histoire se résume à des changements de décor presque arbitraires. Peu importe qu'ils s'affrontent à Tokyo ou à New York, en Tchétchénie ou en plein désert, les "jumpeurs" et leurs ennemis s'agitent selon les règles ennuyeuses du film d'action lambda. Le va-et-vient entre les prises d'avantage des uns et des autres est alors une façon bien médiocre d'aborder un phénomène existentiel tellement plus prometteur, en théorie.
Car en pratique, Doug Liman fait une fois de plus preuve d'un style convenable, mais interchangeable avec le premier venu des réalisateurs commerciaux américains. Loin d'être prodigieuse dans l'orchestration des scènes d'action, qui consistent essentiellement en une chasse à travers les cicatrices de téléportation, sa mise en scène garde toutefois l'ensemble du récit à un niveau passablement divertissant.
Pas de quoi prier pour une téléportation hors de la salle de cinéma, mais pas un grand cru du genre fantastique non plus !
Vu le 7 février 2008, au Publicis Cinémas, Salle 1, en VO