7 vierges (Les)
Pour pouvoir assister au mariage de son frère aîné Santacana, le jeune Tano obtient une permission de quarante-huit heures du centre de redressement dans lequel il est incarcéré. Pendant un week-end, il retrouve son meilleur ami Richi, sa copine Patri et toute sa bande de potes du quartier populaire où il a grandi. Mais Tano a beau avoir été sermonné par son frère pour ne pas s'attirer des ennuis, son passé de petit voyou le rattrape rapidement.
Critique de Tootpadu
La jeunesse espagnole populaire est au centre de ce film plutôt prenant. Alberto Rodriguez n'innove pas grand-chose avec son récit d'un jeune confronté quotidiennement à la violence et à la criminalité. Mais sa mise en scène visuellement plaisante et son regard distancié, quoique pas sans compassion, sur ses personnages rendent son troisième long-métrage assez intense.
La jeunesse en marge de la société, telle qu'elle est décrite dans
Les 7 vierges, évolue dans un microcosme, dans lequel les valeurs traditionnelles sont largement absentes. La grogne sociale, née de la misère matérielle et émotionnelle du foyer familial, ne s'exprime que sporadiquement par des effusions de bruits et de fureur. Elle s'articule plutôt à travers une approche dérisoire de la vie, comme s'il ne valait pas la peine de se démener pour le bonheur modeste auquel cette génération du nouveau millénaire pourrait prétendre, en comparaison avec une existence hors la loi, rythmée par les vols, les bastons et les trafics en tout genre. La violence y est sous-jacente et souvent gratuite. Cependant, c'est plus le manque de repères de ces jeunes à l'approche de l'âge adulte qui inquiète ici, que leurs éclats brutaux en guise d'exécutoire des frustrations sociales.
Pour camper ses jeunes têtes brûlées, le réalisateur a fait appel à une jeune garde du cinéma espagnol pas sans charme et sans rage de vivre. Dans leur "no man's land", perdu quelque part entre la drogue, le crime, les rivalités de bandes, ainsi que la négligence des générations adultes, qui végètent dans une léthargie catatonique, si elles ne sont pas tout bonnement absentes, ces personnages adolescents, laissés pour compte dans une société dysfonctionnelle, cultivent encore l'espoir de la fuite, sans savoir qu'il n'existe aucune échappatoire pour eux.
Vu le 19 février 2008, au Club Marbeuf, en VO