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Yumurta | Note générale: 3
Yumurta

Yumurta

Un bouquiniste d'Istanbul et ancien poète prometteur, Yusuf n'est plus rentré à Tire, la ville de son enfance, depuis de longues années. Lors de la mort de sa mère, il s'y rend dans l'espoir d'en finir rapidement avec ses obligations familiales. Mais Ayla, la jeune fille qui s'occupait de la défunte, lui annonce que cette dernière avait fait voeu d'un sacrifice avant de mourir. Réticent à l'idée d'accomplir ce rituel à la place de sa mère, Yusuf reste cependant quelques jours à Tire, le temps de croiser ses amis d'antan et de se rapprocher d'Ayla.
Note générale
3
Sortie: 2008-04-23 | Durée: 97 minutes
Réalisateur: Semih Kaplanoglu
Genre: Drame

Critique de Tootpadu

Comment se fait-il qu'une cinématographie nationale entière, au moins à travers le prisme sélectif et forcément limité des oeuvres qui sortent en France, est autant imprégné du style d'un seul réalisateur ? Ce troisième film de Semih Kaplanoglu dispose certes de ses propres mérites, mais il rappelle surtout le travail de Nuri Bilge Ceylan (Les Climats). Il fait également la part belle aux longs plans contemplatifs et le non-dit y prend largement le dessus sur des paroles, qui évoquent pour la plupart un passé de toute façon révolu.
Mais Yumurta, ce qui signifie "l'oeuf" en français, n'est pas seulement un retour chez soi imbu de nostalgie. C'est un film touchant et beau sur l'incapacité de faire le deuil, jusqu'au moment le plus étrangement contraignant du film (la séquence du chien berger), sur une relation incertaine, qui n'est même pas entré en éclosion à la fin du film, et avant tout sur un personnage principal, qui se rend compte de ce qui se passe autour de lui, du réseau social et émotionnel qu'il perturbe avec son arrivée involontaire, mais qui est incapable d'y participer autrement qu'en tant qu'observateur narquois.
Semih Kaplanoglu cultive un style parfois personnel, comme lors de la composition du cadre, avec des personnages qui avancent presque agressivement vers la caméra. Mais dans l'ensemble, son film s'apparente un peu trop, en mode très légèrement mineur, à l'oeuvre de Nuri Bilge Ceylan, pour convaincre entièrement par une expression filmique originale.

Vu le 25 mars 2008, au Club Marbeuf, en VO

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