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Journal d'une baby-sitter (Le) | Note générale: 3
Journal d'une baby-sitter (Le)

Journal d'une baby-sitter (Le)

Après ses études, la jeune Annie Braddock ne sait pas quoi faire de sa vie. Alors que sa mère rêve de voir sa fille réussir dans les cercles de la haute finance de New York, Annie s'imagine plutôt en anthropologue idéaliste. Finalement, elle ne fera ni l'un, ni l'autre, puisqu'elle se fait engager, presque par hasard, en tant que nounou du fils d'une famille huppée de l'Upper East Side. Mais ce qui devait être une parenthèse pour réfléchir sur le chemin existentiel qu'Annie veut prendre, se transforme rapidement en une corvée, sans le moindre temps de repos et sans la moindre reconnaissance.
Note générale
3
Sortie: 2008-05-14 | Durée: 105 minutes
Réalisateur: Robert Pulcini, Shari Springer Berman
Genre: Comédie

Critique de Tootpadu

Futures filles au pair et autres nounous corvéables à souhait, prenez note ! Car cette comédie sulfureuse vous présente une panoplie assez complète des abus que vous risquez de subir, de la part de vos employeurs, qui ne voient en vous qu'un débarras économique pour leur progéniture encombrante. En effet, Le Journal d'une baby-sitter fait plus office de manuel sur comment subsister dans cette forme moderne d'esclavage, que d'un journal intime, qui révélerait les dessous de ce travail ingrat depuis un point de vue original ou décalé.
Car, en dépit d'un ton à la fois caustique et enlevé, ce deuxième film de Robert Pulcini et Shari Springer Berman ne fait que colporter des acquis caricaturaux sur l'éducation déficiente des rejetons de la haute société américaine. Dans un monde gouverné par la course à l'argent et l'accomplissement d'ambitions individualistes, il a depuis toujours été logique que le bien des enfants, le maillon faible de cette société exigeante à tous les niveaux, passe en dernier. Ainsi, les névroses et les frustrations de cette famille X tristement emblématique n'ont rien d'exceptionnel ou d'original. Et l'état d'esprit de la jeune héroïne, plus naïve que son âge ne devrait le permettre, ne sert alors qu'à créer un décalage, souvent hilarant, entre son idéalisme et le dédain que ses employeurs éprouvent envers cette personne interchangeable à volonté.
Malgré une voix off trop insistante et quelques transitions affectées surtout au début du film, ce dernier représente un divertissement fort plaisant, qui critique sans trop de sévérité les dérives de notre civilisation. Les situations hilarantes abondent et le portrait dressé d'un style de vie particulier ne manque pas de détails savoureux. Mais c'est surtout grâce à l'implication des comédiens, tous excellents, de Scarlett Johansson à Laura Linney, en passant par un Paul Giamatti une fois de plus méconnaissable, que la farce prend vie, au delà des piques marrantes contre la culture française et une structure narrative, qui ne se refuse pas une conclusion sirupeuse, en contradiction avec la dérision féroce, qui caractérise heureusement le reste de ce film réussi.

Vu le 15 avril 2008, au Club de l'Etoile, en VO

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