GAL
Le GAL, le groupe antiterroriste de libération, combat les terroristes de l'ETA du pays basque espagnol avec ses propres moyens. Dès le début des années 1980, des mercenaires assassinent sommairement des terroristes présumés. Les journalistes Manuel Mallo et Marta Castillo du quotidien Diario 16 cherchent depuis longtemps un lien direct entre l'action du GAL et ses commanditaires probables chez les forces de l'ordre. Grâce au concours de Toni, un indic et ancien membre du GAL, les journalistes trouvent une caisse avec des documents, qui impliquent directement les policiers Ariza et Molina dans une fusillade commise à Bayonne.
Critique de Tootpadu
Après son navrant
El Lobo, Miguel Courtois se fait une fois de plus l'avocat de la cause basque. Ses intentions, de rappeler un abus de pouvoir scandaleux de la part du gouvernement d'une démocratie et inouï dans l'Histoire européenne récente, peuvent même paraître nobles. Mais cela n'excuse nullement son style cinématographique si approximatif, qu'il ne reste de cette affaire a priori brûlante qu'une suite décousue de moments manipulateurs. Malgré le succès commercial en Espagne d'
El Lobo, il nous semble complètement aberrant qu'un réalisateur aussi bancal que Miguel Courtois trouve encore les fonds pour nous importuner avec ses films hautement perfectibles !
Les références du réalisateur sont en effet claires dès le début, puisque l'affiche tente d'emblée de placer ce film dans la compagnie d'oeuvres infiniment plus sophistiquées, comme
Les Hommes du président d'Alan J. Pakula et
Révélations de Michael Mann. Sauf que la narration sans verve de
GAL évoque au mieux un souvenir nostalgique de ces films, qui ont su marquer leur époque. Courtois puise également dans le cinéma européen des années 1970, notamment à travers une musique, qui tente en vain de ressusciter la frénésie des films de Costa-Gavras ou Henri Verneuil. Toutes ces influences sont cependant vite démasquées comme des poses sans fondement, faute de réalisation capable de convier de façon convaincante les enjeux de l'histoire.
Pas assez de la composition étouffante de l'image, tellement arbitraire qu'elle pourrait sortir tout droit d'un téléfilm, la narration se montre complètement inepte, lorsqu'il s'agit de faire monter la tension. L'enquête des deux journalistes, qui est normalement censé être le moteur de l'histoire, est relayée avec une telle désinvolture scénaristique, douloureusement pauvre d'un point de vue logique, que même la mise en scène paraît s'en désintéresser par moments. Son échappatoire est par contre encore plus navrante, puisqu'elle explore, dans les nombreux instants de perte de rythme du film, la relation sentimentale hypothétique ou juste pathétique entre les deux journalistes. Pas étonnant que dans un tel contexte vague et nébuleux, la corruption politique n'a pas vraiment du souci à se faire.
Le film réussit en fait assez bien à sombrer dans son propre amateurisme, dont l'aspect le plus dérangeant est peut-être un doublage déroutant. Alors que José Garcia affirme dans le dossier de presse avoir joué lui-même en espagnol, ce qui explique éventuellement sa voix bien différente de ses rôles en français, mais nullement les défaillances visibles de la post-synchronisation, la prestation de Bernard Le Coq en premier ministre évasif devient presque hilarante pour quiconque connaît la voix réelle du comédien, hélas particulièrement défaillant dans ses choix de films récemment.
La période de l'activité du GAL a certes besoin d'être rappelée ou présentée au public européen. Encore faut-il un film pourvu d'un minimum de style et de rythme et moins gratuitement pompeux pour rendre justice à ce chapitre noir de la politique espagnole !
Vu le 24 avril 2008, au Club Marbeuf, en VO