Cité des hommes (La)
Alors que son 18ème anniversaire approche, Laranjinha veut plus que jamais savoir qui est son père. Avec l'aide de son ami fidèle de la favela Acerola, il se met à sa recherche. Mais Acerola a également des problèmes personnels à régler. Déjà majeur et père du petit Clayton, il se retrouve seul avec la responsabilité de l'élever, lorsque sa copine Cris part à Sao Paolo pour un travail de nounou bien payé. En même temps, une guerre se prépare entre les trafiquants de drogue de la favela, où habitent Laranjinha et Acerola.
Critique de Tootpadu
Les favelas de Rio de Janeiro sont plus que jamais à l'ordre cinématographique du jour. Déclenchée par
La Cité de Dieu, sorti il y a cinq ans, la vague de films sur la vie précaire dans les quartiers pauvres du Brésil n'est pas prête à s'écraser. Cette persévérance dans le même genre de constat social ne nous gêne pas trop, tant qu'elle prend la forme musclée d'un
Troupe d'élite. Elle devient déjà plus préoccupante, lorsqu'elle s'évertue dans des variations répétitives, comme dans le cas présent.
La Cité des hommes est la conclusion de la sérié télé du même nom, dont les quatre saisons avaient remporté un succès international notable. Des origines audiovisuelles que le film accuse sensiblement, autant dans la forme que dans le fond. La narration est en effet plutôt molle, sans que le montage de Daniel Rezende, encore fulgurante dans les deux films cités plus haut, n'y change grand-chose. Au contraire, l'alternance entre les problématiques personnelles (trouver un toit ou le père) et collectives (l'escalation du conflit entre les bandes de dealers rivales) s'éparpille dans un rythme plutôt maladroitement géré. De même, l'existence des deux jeunes héros, constamment tiraillés entre l'illégalité facile et les responsabilités pesantes de la vie quotidienne, ne fournit pas vraiment une matière scénaristique excitante.
Ne restent alors plus qu'un refus relatif de montrer gratuitement de la violence et l'indécrottable débrouillardise de Laranjinha et Acerola pour relever tant soit peu le niveau. Si
La Cité des hommes reste valide en tant que conte édifiant sur l'amitié, il n'apporte cependant rien de nouveau à l'univers des favelas, un peu surexploité au cinéma ces derniers temps.
Vu le 11 juin 2008, au Club de l'Etoile, en VO