Voyage aux Pyrénées (Le)
Depuis un voyage en Italie, la célèbre actrice Aurore Lalu est sujette à des crises de nymphomanie incontrôlables. Pour lui changer les idées et la guérir de cette libido galopante, qui ne convient point à son âge, son mari Alexandre Dard, également comédien, organise un voyage en gîte à la montagne. Il espère que le panorama majestueux des Pyrénées et l'air frais auront raison de l'appétit sexuel de sa femme, qu'il ne satisfait plus depuis longtemps. Mais les rumeurs sur un ours, qui rôderait dans la vallée, ne font qu'exciter encore plus Aurore, qui rêve de venir à la rencontre de cet animal sauvage.
Critique de Tootpadu
Quelle déception que ce film de la part des frères Larrieu, qui nous avaient complètement subjugués avec
Un homme, un vrai, et dont le
Peindre ou faire l'amour était loin d'être sans intérêt ! Peut-être que les deux réalisateurs, dont le travail est un peu trop facilement associé à la montagne, se sont désespérément perdu en route, à force de vouloir faire vite et original ? Car les idées passablement ingénieuses ne manquent pas dans ce conte sur l'animalité, le sexe et les genres. Sauf que leur exécution et l'association de motifs pour le moins disparates deviennent de plus en plus laborieuses.
Les envies érotiques d'Aurore démarrent l'histoire avec coquinerie. Le premier assouvissement de ses désirs est particulièrement jouissif, surtout parce que le spectateur n'en sait rien encore de sa pathologie psychologique. Hélas, une fois les faits établis, sa névrose devient de plus en plus hystérique, une tendance énervante accentuée davantage par le jeu pas vraiment à notre goût de Sabine Azema. La sensualité initiale assez savoureuse s'éclipse ainsi au profit d'une vulgarité bestiale, certes intentionnelle, mais dont l'humour farceur est très loin de nous faire rire ! On devine l'ambition des frères Larrieu, de traiter avec légèreté la part viscérale de la sexualité, mais le maniérisme et les platitudes avec lesquels ils espèrent la réaliser finissent par abattre misérablement le film dans son ensemble.
Car pas contents de leurs enfantillages sexuels, aux aspirations symboliques et sociales mal gérées, les frères réalisateurs ajoutent encore une couche, avec la resucée improbable d'un phénomène fantastique au moins aussi vieux qu'
Un vendredi dingue, dingue, dingue. Le seul point positif de ce nouvel écart de la prémisse originale est l'unique scène hilarante du film, lorsque le discours préparé tourne à la comédie. Quant au reste, les sous-entendus de libération sexuelle se noient encore dans un ton tellement forcé et frileux à la fois, que cette suite quasiment ininterrompue d'occasions ratées finit définitivement par nous agacer.
Enfin, il est tout à fait pitoyable que, même dans une salle de projection soi-disant professionnelle, le format de projection d'une oeuvre cinématographique ne soit pas respecté (un 1.85 aux têtes systématiquement coupées à la place du 1.66 d'origine) ! Mais bon, on n'est plus à une déconvenue technique au Club 13 près ...
Vu le 12 juin 2008, au Club 13