Une épopée
Paul et Laure, un jeune couple français, s'installent avec leur fils Nathan en Ireland. Ils rêvent de créer une forêt à la campagne, qui accueillerait des oeuvres d'art contemporain. Mais leur projet est ralenti par la lenteur de l'administration locale. En attendant que leur dossier soit traité par les organismes officiels, Paul travaille pour un jardinier et Laure donne des cours d'art dans la ville la plus proche.
Critique de Tootpadu
Entre les deux pôles de l'histoire de ce premier film, l'euphorie innocente de l'arrivée et le sérieux plus adulte du départ, il a dû se passer quelque chose. A y regarder de plus près, le glissement dans la dynamique du couple est même le seul élément d'intérêt et d'importance dans un film, qui privilégie autrement les moments d'une banalité au bord de l'ennui. Les quelques instantanés retenus pour évoquer le séjour en Irelande fonctionnent dans ce sens comme des pistes possibles, qu'aucun des deux personnages principaux ne saisit pour prendre réellement racine dans le pays de leur rêve de jeunesse. Ou pour l'exprimer plus platement, c'est la réalité la plus ordinaire, qui rattrape un idéalisme passé de mode, lorsqu'il s'agit de nourrir sa petite famille et de faire durer le couple.
Pour arriver à ce constat plein de désillusion, François Magal emprunte un chemin quelque peu tortueux pour le spectateur. L'action minimale ne fait au mieux qu'entretenir le malaise grandissant entre Paul et Laure. Leur relation de plus en plus moribonde pourrait ainsi être le fil conducteur du récit, si ce n'était pour la structure narrative assez décousue, sans temps forts, ni véritables enjeux dramatiques. Cette mollesse formelle se retrouve également du côté des acteurs, dont l'une, Sarah Perrin, ressemble à une Audrey Tautou en moins enfantine, et l'autre, Thomas Blanchard, n'arrive jamais à rendre l'empressement de son personnage particulièrement attrayant.
Vu le 26 juin 2008, au Club Marbeuf, en VO