Saison des orphelins (La)
Après la guerre, le jeune Alexandre Gérard a été placé dans un orphelinat improvisé, dans le domaine du mystérieux M. de Montferrand. Il y a été le témoin et le seul survivant de la disparition suspecte des six autres orphelins. Amnésique, Alexandre ne se souvient de rien, jusqu'à ce que, trente ans plus tard, l'envoi anonyme d'une photo l'oblige à revenir sur les lieux de ce trauma de son enfance, à Kreutzheim en Alsace.
Critique de Tootpadu
Le suspense est plutôt bien mené dans ce premier film, riche en mystères et secrets enfouis du passé. La complexité de la narration s'affirme certes parfois au détriment de la fluidité du rythme. Mais dans l'ensemble,
La Saison des orphelins ne trahit pas trop tôt les différents éléments d'une intrigue curieuse, sous forme de puzzle.
Il n'y a pas que la tragédie de la disparition de ses camarades qui pèse sur l'enquête d'Alexandre, mais également le poids des peurs enfantines, nourries par un décor et des personnages inquiétants. Le va-et-vient entre le passé et le présent renforce encore ce malaise, qui, on le sent bien, ne lâchera probablement jamais le personnage principal. Car même s'il trouve une réponse à ses questions à la fin, la manière pratiquement grotesque de laquelle se déroule cet établissement d'un lien entre la lucidité présente et le souvenir caché, apporte au mieux une partie d'explication rationnelle à une suite d'événements au contenu mystique manifeste.
La mise en scène de David Tardé ne maîtrisé pas complètement l'épaisseur narrative de son récit. Bien qu'il arrive à maintenir la tension à un niveau raisonnable, son intrigue ne prend jamais suffisamment vie pour nous intéresser réellement. Enfin, d'un point de vue technique, l'éclectisme de la bande originale déroutante et envahissant est indirectement compensé par la sobriété convaincante du maquillage dans les effets de vieillissement.
Vu le 1er juillet 2008, au Club Marbeuf