Naufragés du 747 (Les)
Le milliardaire Philip Stevens est sur le point d'ouvrir un musée à Palm Beach, qui présentera sa prestigieuse collection d'oeuvres d'art. Pour le grand événement, il fait embarquer un groupe d'invités de marque, dont sa fille et son petit-fils, à bord de son nouveau jet privé, un Boeing 747 luxueusement aménagé. Mais des voleurs se sont infiltrés parmi l'équipage, afin de dérober les tableaux d'une valeur inestimable, contenus dans les soutes de l'avion. Ils prennent possession de l'avion et le font disparaître du radar, en volant à basse altitude dans le triangle des Bermudes. La collision avec une plateforme pétrolière fait s'écraser l'avion, qui sombre désormais à quelques mètres de profondeur dans l'océan. La course contre la montre commence alors pour les survivants, puisque la coque de l'avion peut céder à tout moment à la pression de l'eau.
Critique de Tootpadu
Les Naufragés du 747 fait partie du groupe exclusif des suites, qui sont au moins aussi bons que le film original. Alors qu'il part autant du style romanesque de l'
Airport de George Seaton, que les deux autres suites de la série, pour épouser davantage une forme calquée avant l'heure sur la narration d'un film d'action, il se démarque de ses deux confrères assez infectes par une solidité très appréciable. Abstraction faite de la prémisse un peu aberrante, et de quelques facilités risibles du scénario, inhérentes au genre, c'est un divertissement plutôt bien fait, qui relève temporairement le niveau de la série, et celui du genre dans sa globalité, tellement le souffle innovant du début de la décennie s'était épuisé quelques années plus tard.
Les rares éléments bancals du film n'arrivent en effet pas à entamer durablement le plaisir, qui découle de sa sobriété et de son sérieux sans sous-entendus ironiques, voire parodiques. On aurait bien pu se passer, par exemple, du récit cadre autour du vieux milliardaire, interprété par un James Stewart, qui allait quitter le grand écran très peu de temps après ce film. Et les capacités médicales de la plupart des naufragés, de reconnaître instantanément les signes vitaux des blessés, ne sont guère réalistes. Mais ce sont là des réserves mineures en vue d'un film, qui anticipait déjà quelques uns de nos péchés mignons filmiques.
Ainsi, toute la partie de la prise d'otages de l'avion rappelle forcément une séquence semblable dans
Air Force One de Wolfgang Petersen. Et l'opération de sauvetage est montrée avec une précision, qui fait encore monter la tension. Enfin, l'interprétation ne se permet pas les mêmes écarts embarrassants qu'était par exemple le jeu de Karen Black et de Charlton Heston dans le film précédent de la série. En dehors de la présence gratuite de Stewart et de George Kennedy, tous les comédiens s'en sortent en fait avec les honneurs, notamment Jack Lemmon dans le rôle du pilote qui se jette dans l'action au lieu de tenir des discours moralisateurs, ou Lee Grant, d'une intensité redoutable en tant qu'épouse alcoolique et hystérique.
Revu le 11 juillet 2008, en DVD, en VO