Saturno contro
Lorenzo vit depuis plusieurs années le parfait amour avec son compagnon Davide, un écrivain reconnu. Le couple se fait un plaisir d'inviter chez lui son cercle d'amis, constitué depuis des années d'Angelica et Antonio, en pleine crise conjugale, de la despotique Neval et son mari effacé, de Roberta et de Sergio. Récemment, le jeune Paolo, un auteur débutant, a rejoint le groupe, qui va être mis à rude épreuve par un événement tragique.
Critique de Tootpadu
Résumer en quelques mots l'intrigue de ce film italien relève de l'impossible. Si l'on ne veut pas révéler le revirement majeur, il ne reste en effet pas grand-chose sur quoi écrire, tellement
Saturno contro se préoccupe en priorité de liens humains et d'états d'esprit. Le cadre des amis de longue date y est exploré avec un peu trop de complaisance pour en extraire une dynamique narrative satisfaisante. Bien que le réalisateur Ferzan Ozpetek s'applique à rendre accessibles les épreuves par lesquelles passent ses personnages, son film ne se défait jamais entièrement d'un soupçon de mélodrame presque ennuyeux.
L'importance que la mise en scène et le scénario accordent au côté humain de l'intrigue est, certes, plutôt touchant. Mais à cause de sa banalité révendiquée, le groupe d'amis peine à s'imposer réellement sur le plan dramatique. Tel Lorenzo, Ozpetek paraît trop empressé de plaire à tout le monde et d'éviter toute agitation inutile. Le ton devient du coup consensuel, exactement lorsque la maladie d'un des piliers du groupe aurait dû mettre les nerfs des autres à fleur de peau. La délicatesse de ne jamais laisser la caméra franchir la porte de la chambre d'hôpital n'est alors qu'une touche appréciable au milieu d'une foule d'autres situations guère intéressantes.
A force de vouloir rendre ses personnages faillibles et abordables, Ferzan Ozpetek abandonne de fait tous les combats auxquels son film se serait prêté. Tandis que la normalité avec laquelle le couple homo est observé dans sa vie quotidienne peut séduire, la relation avec les parents ou le doute sur l'euthanasie sont esquissés sans trop de profondeur. En dépit de quelques beaux moments de mélancolie, comme le plan final circulaire autour de la table de ping-pong,
Saturno contro reste dans l'ensemble trop hésitant et fade pour convaincre réellement, en plus dans un genre pas vraiment vigoureux.
Vu le 29 juillet 2008, au Reflet Médicis, Salle 3, en VO