Dorothy
La psychiatre Jane Morton saisit avec empressement l'occasion de quitter la ville, pour étudier le cas de la jeune Dorothy sur une île isolée au large de l'Irlande. La fille est accusée d'avoir maltraité un bébé dont elle avait la garde. Avant le procès, Jane Morton doit établir une expertise psychologique de Dorothy, qui ne se rappelle plus du crime.
Critique de Tootpadu
Il est désormais trop tard pour attendre, ou plutôt pour craindre, en vue de sa réputation désastreuse, la sortie au cinéma en France du remake de
The Wicker Man par Neil LaBute, avec Nicolas Cage et Ellen Burstyn. Par défaut, cette production européenne d'Agnès Merlet, qui nous revient enfin, onze ans après son film précédent (
Artemisia), fera parfaitement l'affaire. La réalisatrice sait y jongler avec adresse entre une réalité filmique inquiétante et des aspects fantastiques effrayants, sans jamais recourir à des effets faciles ou tapageurs.
Pour vous plonger complètement dans les méandres d'une intrigue assez finement construite, il vous est conseillé de vous laisser porter par le récit prenant de
Dorothy. L'équilibre narratif entre l'isolation du personnage principal et les activités surnaturelles sur l'île est en effet suffisamment précaire, pour qu'une mise en question sérieuse le fasse voler en éclats. Pourtant, la conclusion légèrement aberrante mise à part, le ton du film maintient une tension palpable, même pendant les moments de transformation personnelle ou d'apparitions surgies du passé les moins crédibles. En somme, Agnès Merlet réussit avec son troisième film l'exploit de tout bon thriller psychologique qui se respecte, à savoir de créer l'illusion de façon déroutante, à partir d'un scénario, qui requiert un abandon des certitudes élémentaires de la part du spectateur.
Enfin, le récit ne serait pas aussi prenant sans l'implication entière des deux actrices dans les rôles principaux. Alors que Carice Van Houten est tout à fait convaincante comme la psychiatre, qui abandonne progressivement son point de vue observateur pour prendre part à l'action, c'est surtout la jeune Jenn Murray qui surprend agréablement, dans une reprise plus subtile de Regan dans
L'Exorciste.
Vu le 30 juillet 2008, à la Salle Pathé Lamennais, en VO