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Silence de Lorna (Le) | Note générale: 3
Silence de Lorna (Le)

Silence de Lorna (Le)

Afin d'obtenir la nationalité belge, Lorna, originaire d'Albanie, a épousé Claudy, un toxicomane en manque d'argent. Elle partage l'appartement avec lui, jusqu'au divorce programmé dans quelques semaines. Mais Fabio, le passeur qui a permis à Lorna de s'installer à Liège, ne compte pas attendre aussi longtemps. Un contact russe est en effet en recherche d'une épouse belge pour obtenir ses propres papiers, l'occasion idéale pour Lorna de réunir l'argent nécessaire à l'acquisition d'un local commercial, dans lequel elle rêve d'ouvrir un snack avec son amant albanais Sokol. Fabio est donc décidé de procéder comme prévu, tuer Claudy par une overdose, en dépit des protestations de Lorna.
Note générale
3
Sortie: 2008-08-27 | Durée: 105 minutes
Réalisateur: Jean-Pierre et Luc Dardenne
Genre: Drame social

Critique de Tootpadu

Dans leur septième film de fiction, récompensé au dernier festival de Cannes par le prix du scénario, les frères Dardenne cultivent toutes sortes de cruautés. D'abord et en toute évidence, celle du contexte social, tellement le destin de Lorna doit ressembler au chemin de croix que de nombreuses femmes venues de l'Est de l'Europe doivent parcourir, dans l'espoir d'arracher leur petite part d'aisance matérielle à notre société relativement riche. Comme ce fut le cas dans leurs films précédents, les réalisateurs se penchent sur un milieu social pour le moins défavorisé, peuplé de toxicomanes, de travailleuses dans l'ombre et de combines pour engranger plus de fric que dans l'activité de façade comme chauffeur de taxi. Les ambitions sont, à l'image de ce cadre sombre, modestes et invariablement conditionnées par le besoin de faire des sacrifices à l'encontre de la dignité humaine.
Mais la cruauté du fond trouve également un reflet dans la forme, volontairement tortueuse et plus intriguante que frustrante. Les informations sur les liens entre les personnages et quelques événements majeurs sont en effet distillées avec une parcimonie, qui accroît admirablement l'intensité dramatique. Cette narration par à-coups fonctionne même le mieux, si vous en savez le moins possible sur l'intrigue du film, avant de le découvrir. Notamment le volet entier autour de Claudy, interprété avec une intensité remarquable par un Jérémie Renier méconnaissable, mérite d'être dévoilé à la vitesse voulue par les réalisateurs.
Et puis arrive le troisième acte, qui nous a laissés un peu perplexes, tant il constitue une rupture par rapport à la détermination antérieure de Lorna. Si le personnage principal arrive en effet à subir toutes les humiliations et tous les impératifs gênants que lui impose sa condition de réfugiée économique, c'est grâce à sa fermeté de caractère. Cette résolution se transforme hélas un peu trop brusquement vers la fin en une sorte de culpabilité hystérique, qui ne correspond plus du tout à la force intérieure, qui paraissait animer Lorna jusque là.

Vu le 4 août 2008, au Club de l'Etoile

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