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Sagan | Note générale: 3
Sagan

Sagan

La vie de l'écrivain Françoise Sagan, de son premier succès avec "Bonjour tristesse" en 1954, en passant par ses histoires d'hommes et de femmes, son accident et sa dépendance de la drogue, jusqu'à sa disparition en 2004.
Note générale
3
Sortie: 2008-06-11 | Durée: 119 minutes
Réalisateur: Diane Kurys
Genre: Biographie filmique

Critique de Tootpadu

Le cinéma français est visiblement toujours aussi friand de biographies filmiques des personnalités, qui ont marqué la vie artistique. En effet, la prédilection pour les épopées historiques, qui mettaient en scène des héros guerriers ou politiques, a largement cédé sa place aux vedettes plus mondaines. Ainsi, Le Promeneur du Champs de Mars fait plutôt exception, alors que La Môme et Sagan s'inscrivent davantage dans une fascination pour les paillettes et les drogues, indubitablement héritée du cinéma américain (Ray et Walk the Line) et de la presse "people".
Sans surprise, c'est donc la vie privée de l'auteur qui est au centre du film. Rares sont en fait les moments de création, voire d'activité littéraire, tandis que les extravagances matérielles et illégales de Françoise Sagan prennent aisément le dessus. En cela, Sagan ne se distingue guère de l'épopée triviale d'Olivier Dahan, aussi généreuse en déversements émotionnels à la mort de l'être aimé ou en descentes inconscientes dans l'enfer de la drogue. Pourtant, ce film-ci réussit, malgré ses compromissions banales, de percer au moins partiellement l'essence de son sujet. Selon Diane Kurys, Françoise Sagan aurait été une femme, qui fuyait autant la solitude que les affrontements et les prises de position directs. Sa vie aurait été une éternelle course contre l'isolement et la ruine, sur fond d'une nature excessivement dépensière.
Certes, ce constat n'englobe évidemment pas toutes les facettes d'une femme complexe. Mais il évite le plus souvent les explications faciles et rassurantes. Sans oublier bien sûr la magistrale interprétation de Sylvie Testud, magnifique dans sa transformation physique, de la voix jusqu'aux maniérismes. C'est elle qui porte le film à bras le corps et c'est grâce à son portrait sans concession que les lacunes pas trop nombreuses du film perdent en importance.
D'un point de vue narratif, Sagan souffre en effet de la compression artificielle qu'il a subi pour son exploitation au cinéma. Initialement un téléfilm de trois heures, qui sera diffusé prochainement, il avait suffisamment plu à Luc Besson, distributeur, pour tenter une sortie en salles. Et finalement, Sagan ne trahit guère ses origines audiovisuelles, ni d'un point de vue esthétique, ni de celui de l'interprétation inspirée de son actrice principale.

Vu le 11 août 2008, au 5 Caumartin, Salle 5

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