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Parlez-moi de la pluie | Note générale: 3
Parlez-moi de la pluie

Parlez-moi de la pluie

L'écrivain féministe Agathe Villanova rentre dans sa ville natale dans le sud au mois d'août, afin de trier avec sa soeur Florence les affaires de leur mère, morte un an plus tôt, et de tâter le terrain avant de s'engager dans une carrière politique, qui la verrait parachutée dans la région. Le journaliste Michel Ronsard compte sur la présence de cette femme célèbre, afin de réaliser un documentaire sur elle, avec le concours de son ami Karim, le fils de Mimouna, la femme de ménage de longue date des Villanova.
Sortie: 2008-09-17 | Durée: 99 minutes
Réalisateur: Agnès Jaoui
Genre: Comédie

Critique de Tootpadu

Agnès Jaoui et son compagnon Jean-Pierre Bacri étaient attendus au tournant, après Le Goût des autres qui n'était pas vraiment le nôtre, et un Comme une image infiniment plus brillant. Le troisième film de Jaoui se classe en fin de compte au milieu de son oeuvre, du point de vue de notre appréciation personnelle. Il garde le regard attentionné sur les personnages de son prédécesseur, mais en même temps, l'oisiveté estivale le rapproche également de la vanité du premier.
C'est que tous les personnages sont freinés, à des degrés variables, par une sorte d'auto-suffisance, qui est désignée dans le dossier de presse, pas sans raison, comme une revendication constante de l'état de victime. Toutefois, la complaisance dans ce statu quo est si grande, et les tentatives de s'en libérer sont marquées par un tel amateurisme, qu'il n'est pas toujours facile de s'émouvoir du sort des personnages. Ceux-ci sont bien sûr suffisamment lucides pour se rendre compte de leurs lacunes relationnelles, l'écriture intelligente et plutôt élégante du tandem Jaoui/Bacri oblige. Mais cette conscience d'un besoin d'amélioration ou de clarification de leur situation ne les pousse guère vers l'action. Probablement accablés par la douceur molle d'un sud à la météo capricieuse, ils stagnent dans le carcan épais d'une passivité sans risque.
La sobriété prévaut ici sur la malice ironique, qui rendait le film précédent d'Agnès Jaoui aussi savoureux. La sobriété du jeux des acteurs tout d'abord, qui rend notamment service à Jamel Debbouze, très honnête grâce à l'absence de ses subterfuges comiques habituels. Et puis, la mise en scène s'identifie peut-être un peu trop à l'état d'esprit flottant de l'intrigue, pour lui conférer un ton réellement pétillant.

Vu le 19 août 2008, à l'Elysées Biarritz

Critique de Mulder

Dans le paysage cinématographique français, Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri forment un duo de scénaristes hors pair pour dresser l'état des mœurs dans notre pays. Chacun de leurs films parle des problèmes intergénérationnels, des couples, et de l'insertion de certaines personnes de notre société. On pourrait caractériser de tendance gauchiste leurs films, car ceux-ci parlent en général de personnes issues de la classe moyenne. Reste que leurs films témoignent de la présence de vrais auteurs et de scénaristes orfèvres pour croquer en quelques paroles échangés le caractère de leurs principaux personnages.

Ce film est à mes yeux une belle surprise, car avec la présence d'un acteur comme Jamel Debbouze (très bon acteur lorsqu'il s'appuie sur un excellent scénario), on aurait pu s'attendre à un film formaté banlieue. C'est donc à une comédie diluée, dans laquelle l'humour et l'émotion font la part belle. On retrouve bien dans ce film le style Jaoui-Bacri, fait de dialogues savoureux empreints de mélancolie qui rendent les situations comiques et qui ont fait leur cachet. Ce film est une réussite, certes mineur, mais qui s'impose comme une des belles surprises de cette rentrée, où aucun film français n'a retenu mon attention pour le moment.

Vu le 20 septembre 2008, au Gaumont Disney Village, Salle 1

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